13/06/2006
Força Portugal ! Brasil Hexacampeão ! France 0 à 0 !
Je rentre aujourd’hui de Lisbonne. J’appréhendais un peu le contact avec les indigènes, en raison de leur accent chuintant si caractéristique, bien différent de l’accent chantant des brésiliens. Mais pas de problème : il semble bien que les Portugais me comprennent quand je leur parle dans ce que je suppose être leur langue maternelle. Il y a peut-être toutefois une explication à ceci : la capitale portugaise a accueilli ces dernières années une quantité non négligeable d’immigrants venus du Brésil. Le temps est bien révolu où les portugais quittaient leur pays par bateaux entiers pour fuir la misère et tenter leur chance au Brésil, terre d’avenir et d’opportunités. Le grand Clémenceau (l’homme politique, pas le porte-avion), qui avait toujours une bonne vacherie sous le coude, aurait dit à cette époque (début du XXème siècle) : "le Brésil est un pays d’avenir, et il le restera". Et il n’avait pas totalement tort. Un siècle plus tard, le Brésil est toujours une terre d’avenir, mais le sens de l’immigration s’est manifestement inversé. Il suffit de se promener dans les rues de Lisbonne et de compter le nombre de peaux bien bronzées pour constater que le Portugal, pays traditionnellement d’émigration, est devenu un pays d’immigration.
Je ne connaissais le pays qu’à travers les vieux clichés que les français en ont, et qui remontent à l’époque de Salazar : le linge qui pend aux fenêtres, la milice qui passe dans les rues quatre par quatre armée jusqu’aux dents, etc. Depuis son entrée dans l’Union Européenne, le pays s’est incontestablement enrichi et est sorti de l’arriération dans laquelle le dictateur susnommé l’avait maintenu pendant les 48 ans qu’il est resté au pouvoir. Le niveau de vie s’est bien amélioré, même si le salaire minimum y est encore la moitié de la France (et pour le linge qui pend aux fenêtres, c’est toujours vrai dans les vieux quartiers de Lisbonne). Conséquence : les habitants déshérités des anciennes colonies du Portugal viennent en masse y tenter leur chance, à commencer par les brésiliens. Il faut dire qu’ils représentent à eux seuls plus de 90 % des lusophones du monde. Ils seraient désormais plus de 200 000 au Portugal (chiffre officieux, avec les clandestins), sur une population totale de 11 millions d’habitants. Mais les angolais, les cap-verdiens, les mozambicains, les habitants de Guinée Bissau ou de São Tomé e Principe (dont j’ai renoncé à chercher les noms), sont également présents dans des proportions moindre, mais non négligeables.
Conséquence de tout cela, je n’ai pas trop été dépaysé en débarquant ici. On retrouve ici logiquement tout ce que la culture portugaise a exporté au Brésil : les églises baroques tapissées de petits angelots, les noms de lieux, etc. Et en retour, le Brésil a importé un peu de sa culture, essentiellement populaire. En me branchant sur la RTP1, je suis tombé en arrêt devant un épisode de la télénovéla "Essas Mulheres", devant laquelle j’étais rivé tous les soirs de mai à octobre dernier (voir section "Archives"), lors de sa diffusion sur la Rede Record. Et c’est peut-être grâce aux télénovélas et au nombre de brésiliens présents ici que les autochtones ne sont pas trop perturbés quand je demande un "café da manhã" au lieu d’un "pequeno almoço" (petit déjeuner).
Cela n’a pourtant pas toujours été vrai : quand mon excellent ami Lamartine Bião a débarqué au Portugal en 1968, il s’est un peu demandé si la langue de Fernando Pessoa était la même que celle de Jorge Amado. A peu près à la même époque, les premières télénovélas en provenance du Brésil ont également débarqué sur la télévision portugaise, et les journaux télés de l’époque étaient obligés d’incorporer un petit lexique pour que les téléspectateurs arrivent à suivre ces palpitantes aventures. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Outre "Essas Mulheres", on peut suivre en ce moment sur la SIC (première chaîne en audience, privée) "Bellissima" et "Sinha moça", deux novélas produites et diffusées sur la TV Globo en ce moment même. Je rappelle que "Sinha moça" est la novéla qui a remplacé "Alma Gêmea", devant laquelle j’étais scotché tous les soirs à 18 heures jusqu’au 11 mars dernier (voir quasiment toutes les notes de la section "Archives").
J’ai quand même profité de mon séjour pour sacrifier à quelques coutumes très locales pas brésiliennes pour deux sous, comme s’empiffrer de sardines grillées en écoutant du fado. En amateur d’authentique folklore, j’ai trouvé le petit restau du quartier d’Alfama où de sympathiques pépères viennent pousser la chansonnette. Visiblement, ils se font payer en liquide pour leur prestation, de préférence en vinho verde. Je pensais à tort que le fado était un genre purement féminin, longtemps illustré par l’immense Amalia Rodrigues (décédée en 2001), et qui a repris récemment un coup de jeune avec de talentueuses (et jolies) chanteuses comme Mariza, Cristina Branco, Mísia ou Dulce Pontes. Mais si le fado peut se chanter aussi au masculin, il reste un art exigeant qui nécessite un minimum de coffre et de sensibilité. C’est pas le premier couillon issu de la Star Academy qui peut s’y coller. Même Christophe dit la Tortue.
Nous sommes en plein mondial, je parle du Portugal et du Brésil, et je n’ai pas encore parlé de futebol. Oubli fâcheux que je vais réparer de suite. Le 11 juin avait lieu le premier match de l’équipe nationale portugaise, avec ses stars Figo et Pauleta, ainsi que ces chouchous comme le sémillant Cristiano Ronaldo (très apprécié de ces dames, plus pour son physique plus que pour son jeu de jambes). Les rues de Lisbonne sont couvertes de drapeau portugais, et de nombreuses personnes se baladent dans les rues avec le maillot rouge carmin de la "Selecção" (notez au passage l’orthographe portugaise, avec deux "c"). Le futebol est ici aussi une folie, il n’y a pas moins de trois quotidiens qui y sont consacrés ("A Bola", "O Jogo" et "Record"). A part l’orthographe, la présence d’un Ronaldo dans l’équipe et la passion pour le jeu, il y a une autre ressemblance flagrante entre l’équipe de Portugal et celle du Brésil : le técnico, autrement dit l’entraîneur. Pour distinguer Carlos Alberto Parreira (Brésil) et Luiz Felipe Scolari (Portugal), il y a une formule mnémotechnique : le portugais, c’est celui qui a une moustache.
Au fait, si le Portugal est constellé de petits drapeaux nationaux, ce n’est pas qu’à cause du foot : le mois de juin est celui des saints populaires (São Antonio, São João, etc.) et le 10 juin est une fête nationale, "O dia de Camões", du nom du grand poète épique national, auteur des "Luisiades". N’empêche, les portugais sont incomparablement plus chauvins que les français. Ils ont imperturbablement sacrifié à la tradition qui consiste à composer une chanson de soutien à leur équipe nationale, idée qui au passage n’a pas été reprise cette année en France, après le flop de 2002 et les ricanements qu’ont provoqué la chanson de notre Johnny Hallyday national. Dans le même paragraphe, j’arrive à parler de Luís Vaz de Camões et de Johnny Hallyday, c’est vous dire l’incroyable niveau culturel et éclectique de ce blog.
Tout ça pour dire que lors du match de samedi dernier, la "Selecção" l’a emporté contre l’équipe nationale d’Angola (1-0, but de Pauleta à la quatrième minute). Les "Palanças negras" n’ont pas fait le poids, malgré le soutien moral de l’importante communauté angolaise présente au Portugal. A côté des innombrables drapeaux portugais dans les rues, ont pouvait voir quelques petits drapeaux angolais. Mais le drapeau le plus présent dans les rues de Lisbonne, après le drapeau portugais, c’est le drapeau brésilien. On le voit presque autant qu’à Rio, c’est vous dire. Je crois qu’il doit y avoir une chaude ambiance ce soir à Lisbonne, après la victoire 1 à 0 de la "Seleção" (avec un seul "c"). Je regrette de ne pas être resté un jour de plus pour en profiter.
Je regrette d’autant plus que j’ai profité du match de l’équipe de France pour faire une petite sieste. Le seul bon moment du match a été la gaffe réjouissante de Jean-Michel Larqué en réplique à son jeune collègue Thierry Gilardi. Ce dernier annonçait "le jeu du jour", où il fallait répondre comme d’habitude à une question extrêmement difficile : "En quelle année le Brésil a remporté la dernière fois la Coupe du Monde : 1998, 2000 ou 2002 ?". Même ma grand mère aurait su répondre. C’est alors que JML sort tout de go : "Et en plus, en 2000, c’était même pas une Coupe du Monde !". Reprise de volée immédiate de Thierry Gilardi : "Oui mais, c’est le jeu, Jean-Michel, c’est le jeu !". Un grand moment, qui nous fait regretter la grande époque où Jean-Michel donnait la réplique à l’autre Thierry, viré de TF1 et récupéré au bond par M6.
Au fait, j’en ai marre : même si on ne connaît rien en Portugais, prononcer au moins "Séléçon" plutôt que "Séléçaho". Le "ão" est un son difficile, un peu entre "on" et "an" pour une oreille française, mais ça n’excuse pas la fausse note pour une oreille avertie. S’il fallait sortir le "cartão amarelo" à chaque faute de prononciation, l’intégralité des présentateurs sportifs français se retrouverait sur le banc de touche avant la fin du match.
23:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : futebol, football, brasil, brésil, portugal
05/06/2006
J -3 : Gol de peixinho
On y est presque, et je suis fin prêt pour le départ. Mais atention : pas pour Berlin, pour Lisbonne. Du 9 au 13 juin, je serai dans la capitale portugaise pour faire du tourisme et accessoirement passer le CILP, un examen de langue portugaise reconnu internationalement. Est-ce à dire que je raccroche les crampons juste au moment fatidique ? Rassurez vous, non. Je serai dès le 13 après-midi au rendez-vous, pour une journée marathon. Avec à 13 heures France-Suisse dans le groupe G et à 16 heures Brésil-Croatie dans le groupe F, il va falloir tenir le coup. Penser à remplir le frigo avec pizzas et binouzes. Auparavant, j'espère pouvoir commenter en direct de Lisbonne le derby lusophone Portugal-Angola (groupe D, le dimanche 11 à 16 heures). Si du moins, je ne suis pas trop occupé par les nombreuses activités culturelles de la capitale portugaise. Le futebol, c'est bien, mais faut quand même pas en abuser. Pour ceux qui veulent partir en voyage en ce moment, les billets d'avions et les séjours sont à prix cassés. Il faut en profiter.
J'ai rajouté les derniers albums-photos sur ce blog, avec une série alléchante consacrée (quelle surprise) au tryptique futebol, carnaval et samba. Plus une série plus culturelle consacrée à l'état de Rio (Petropolis, Vassouras, Niteroi). En rajoutant ces photos, je me suis rappelé que cela faisait longtemps que je n'avais pas donné de nouvelles de mon cadet Romario, 40 ans cette année. L'ancien champion du monde 1994 n'a toujours pas marqué son millième but, et l'événement n'aura malheureusement pas lieu sous les couleurs du Vasco. Romario vient de signer un contrat avec un modeste club américain, le Miami FC, membre de la United Soccer League, le championnat de football nord-américain de deuxième division. Ca ressemble un peu à la maison de retraite pour le vieux, quoique toujours bouillant. Surtout après un parcours exceptionnel qui lui a permis de passer par le PSV Eindhoven, le Barça, et dans le championnat brésilien plusieurs fois par le Vasco, le Flamengo et même le Fluminense, ce qui a du être ressenti comme une traitrise par les nombreux "torcedores" (supporters) du Flamengo. Quoi qu'il en soit, ses pieds resteront gravés pour la postérité dans le "calçadão da fama" du Maracanã, voir l'album photos (là, à droite de l'écran).
Bref, vous allez en bouffer, du futebol. Même Arte s'y est mis, c'est vous dire. Au fait, je me suis demandé comment on disait "Coup de tête", en Portugais. La réponse est dans le titre, même si je me perd en conjecture sur l'origine de l'expression (littéralement : petit poisson). Petit rappel de vocabulaire brésilien de base :
- Jogo : en français, "match"
- Goleiro : le poste de Fabien Barthez (ou de Gregory Coupet, selon les sensibilités)
- Zagueiro : le poste de Pascal ... Chimbonda ! (en musique, bien entendu)
- Tecnico : le poste de Raymond SFR
- Escanteio : en français, "corner"
- Impedimento : hors-jeu (il va falloir que je révise la règle, à laquelle je n'ai jamais rien compris, si je ne veux pas paraître ridicule)
- Time (prononcer "timé") : équipe (curieux, mais quand les français utilisent un mot anglais, les brésiliens utilisent un mot de leur propre langue ... et réciproquement)
- Gol (prononcer : "Gooooooooooooooooooooooooooool !") : but
- Juiz : arbitre (exemple : "Juiz ladrão" = "Arbitre enc...", euh enfin c'est pour dire que l'arbitre n'est pas totalement impartial)
- Hexacampeão : peut être dans un mois pour le Brésil, et dans au moins deux siècles pour la France (surtout si Raymond Domenech reste entraineur jusque là)
23:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : humour et derision
26/05/2006
J -14 - L'échauffement
Tout d'abord, je voulais m'excuser auprès de mes chers lecteurs d'avoir un peu abandonné ce site depuis plus d'un mois : la faute au manque de temps, de motivation, au RER, au travail, à la déclaration d'impôts, à la météo, à Nicolas Sarkozy, etc. Je profite de ce WE prolongé pour m'y remettre sérieusement. Je n'avais pas trouvé de source d'inspiration, bien que les sujets dans l'actualité brésilienne (que je suis régulièrement) n'aient pas manqué : les violences à São Paulo, l'annonce de l'autosuffisance du Brésil en pétrole ... Sujets toutefois un peu trop sérieux pour l'amateur de pignolades que je suis.
Le déclic a été bien sûr la visite de Jacques Chirac au Brésil, à commencer par l'interview qu'il a donné pour la Globo dans les salons de l'Elysée, avant de décoller pour Brasilia. Toujours digne de Gaston Lagaffe, notre président-sans-emploi a répondu fort diplomatiquement à l'inévitable question "futebol" du journaliste, à savoir qu'il verrait bien de nouveau une finale France-Brésil pour la Copa do Mundo, et que bien entendu, la France gagnera, comme en 98. A défaut, il pourra toujours tenter de refiler quelques Airbus à son copain Lula, ou bien un TGV Rio-São Paulo pour faire le trajet en deux heures au lieu de six par l'autobus (j'ai déjà donné). Mais faut pas réver. Même pour les Airbus : même si Petrobras fournit gratuitement le kérosène, la Varig est désormais en dépot de bilan.
J'ai décidé donc de jouer les chroniqueurs sportifs à l'occasion de cette coupe du monde de futebol 2006, je l'espère plus à la manière d'Antoine Blondin que de celle de Thierry Roland. Il faut dire que si en France le compte à rebours vient à peine de commencer, au Brésil, le "contagem regressiva" dure depuis au moins six mois. Les mauvaises langues diront même qu'il dure depuis 4 ans. Comme je l'ai déjà dis plusieurs fois dans ce blog, la folie pour ce sport au Brésil n'est pas un cliché. Elle dépasse largement ce qui se voit sous nos lattitudes. C'est promis : dans cette coupe du monde, je soutiendrai le Brésil jusqu'au bout, et la France jusqu'à ce qu'elle se fasse éliminer. Tant pis pour le pronostic de Jacques.
En attendant le coup d'envoi, j'en ai profité pour rajouter quelques photos de Rio sur ce site, en créant deux albums : le premier de style cartes postales, avec de très belles photos du Pain de Sucre et du Corcovado prises depuis l'appartement de Luci où j'ai résidé pendant mes trois mois passés dans la "cidade maravilhosa". L'autre est consacré aux curiosités de la ville, en particulier au temple de l'Eglise Positiviste du Brésil, dont j'ai déjà plusieurs fois parlé (voir notes du mois de février, section "Archives"). C'est en me replongeant dans ces photos que j'ai découvert le détail intriguant, à propos des bustes d'hommes célèbres censés représentés les mois de l'année du calendrier positiviste : ils ne sont pas douze, mais treize. Explication : le calendrier positiviste compte 13 mois de 28 jours. Si on calcule, ça fait 364 jours, et il reste un jour supplémentaire à rajouter tous les ans plus un jour de rab à intercaler de tous les quatre ans pour faire le bon compte.
Quant au choix des hommes célèbres, il mérite un petit commentaire. Ce choix est fortement inspiré par la fascination qu'éprouvait Auguste Comte pour l'esprit du siècle des lumières, en y ajoutant un léger chauvinisme. Comment expliquer autrement la présence de Frederik II de Prusse, sinon par son statut de "despote éclairé", amis des philosophes en général et de Voltaire en particulier. Quant à la présence de Bichat, elle s'explique par le fait qu'à l'époque de Comte, Pasteur était encore inconnu. Bichat n'a pourtant pas laissé qu'un hôpital à Paris XVIIIème (arrondissement), mais il a été un peu éclipsé depuis par notre grand bienfaiteur national de l'humanité dont le nom figure dans toutes les villes, autant que pour les rues Getulio Vargas au Brésil (relire ce blog depuis le début pour ceux qui ne savent pas qui est Getulio Vargas).
Pauvre Bichat, injustement (?) oublié. En plus, sur un site brésilien expliquant les 13 mois de l'année du calendrier Positiviste (voir ci-dessous), j'ai vu son nom orthographié "Bicha", qui est en Portugais du Brésil un des nombreux mots désignant une personne à voile et à vapeur. Sur le buste du temple de Rio, heureusement, il n'y a pas l'erreur. Sinon, le président de l'église, le sympathique doutor Danton Voltaire Pereira de Souza (c'est son nom), ne manquerait pas de décocher un sourire malicieux.
Pour en savoir plus (désolé, le site n'est qu'en Portugais) : http://www.calendario.cnt.br/cal_reformistas.htm
Pendant ce temps là, Jacques Chirac continue son périple en Amérique Latine. A Brasilia, "notre président" en a bien entendu fait encore une ou deux : il a serré la pogne à un des gardes républicains (non prévu au protocole) et maté les (jolies) jambes de la présidente du Supremo Tribunal Federal (grosso modo équivalent brésilien du Conseil Constitutionnel), Ellen Gracie. Il s'est quand même rattrapé en jouant son meilleur rôle, celui du "c'est la faute aux américains", en l'occurrence dans le dossier des subventions agricoles des pays développés (qui pénalisent les producteurs des pays émergents). Lula a pris une petite revanche en déclarant en présence de l'intéressé que bien entendu, c'est le Brésil qui gagnera la finale contre la France. Si du moins, les Bleus arrivent à ce stade de la compétition (ça, c'est moi qui le rajoute). Non mais.
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17/04/2006
Sortez-moi de là !
Ca y est, j’ai enfin l’ADSL à la maison. Je peux désormais télécharger et bidouiller à tout va, parfois pour le seul plaisir de la technique. Prochainement, ce blog va s’enrichir de nombreuses photos de mes trois derniers mois passés à Rio. Dès que j’aurai fait la sélection parmi le petit millier de photos que j’ai prises lors de mon séjour.
La technique, les photos, c’est bien, mais encore faut-il donner du contenu intelligent à mon blog. Je commençais à désespérer de trouver une idée originale d’article, quand la télévision française me l’a apportée sur un plateau. Du caviar, du 24 carats pour l’amateur de blagues à deux balles que je suis. Ce vendredi soir, j’étais distraitement en train débarrasser la table en vidant une canette, quand j’aperçois sur l’écran un paysage familier : le Pain de Sucre, visiblement filmé depuis le fort Duque de Caxias, au bout de la plage de Copacabana, à Leme (voir notes du mois de mars). Serait-ce Thalassa, la bonne émission pépère pour faire la sieste le vendredi soir, qui ferait escale à Rio ? Que nenni, on est sur TF1 et l’émission s’appelle "Je suis une célébrité, sortez-moi de là". C’est le nouvel avatar de la "télé-réalité", mis à la sauce de la chaîne en béton. Le principe est grosso modo identique à celui de "La Ferme" : on fait venir des "célébrités" dans un trou perdu et on les laisse se dépatouiller en les filmant complaisamment, tout en feignant le ton de la grosse poilade. Comme aucune star à l’agenda bien chargé n’a le temps de se livrer à cette pantalonnade, on appelle à la rescousse d’anciennes gloires qui ont du temps libre et qu’on avait un peu oublié depuis, comme Loana et Richard Virenque, ou bien des pseudos-célébrité comme le prince de Montcul, qui a surtout fait la couv’ de "Point de vue, Images du monde" pour le plus grand plaisir de ma tati quand elle va au salon de coiffure. Pour tout dire, ils sont plus popaul que people (pouf, pouf).
La différence avec "La Ferme", c’est qu’au lieu de les mettre au milieu des cochons et des poules dans un mas abandonné de Haute-Provence, on les largue en plein dans la forêt vierge tropicale, au milieu des mygales et des boas. C’est pour faire plus exotique, parce que pour le reste, c’est tout aussi c... Pour pimenter le tout, un ingrédient supplémentaire qui relève de la pure faudercherie : les participants concourent pour un organisme de bienfaisance à vocation humanitaire ou écologique, et si ils se plantent, et ben tant pis pour les malheureux qui sont censés en profiter. Comme ce moment de télé est exceptionnel, il n’est pas trop de deux piliers de la chaîne pour présenter le chef-d’œuvre : Jean-Pierre Foucault et Christophe Dechavanne, qui s’accordent aussi harmonieusement qu’une quiche lorraine et un Coca-Cola. Et c’est parti pour deux heures de divertissement incontournable, saucissonné par de la pub (à moins que ce soit l’inverse).
J’ai jeté un coup d’œil pour les splendides paysages du Brésil qu’on peut y apercevoir, mais je dois dire que visionner l’émission dans son ensemble était une épreuve trop dure pour ma modeste personne. Je n’ai pas l’endurance d’un Guy Carlier qui peut supporter sans broncher deux heures de niaiseries dans le seul but de faire un bon papier. J’attend toutefois avec impatience le résumé des prochains épisodes, pour savoir si Loana va remonter le braquet de Richard Virenque. J’espère que de bonnes âmes se dévoueront pour moi. A bon entendeur, salut.
A part ça, j’ai acheté des timbres à 53 centimes. Vous vous en foutez ? Et bien non. Car l’épisode mérite un commentaire qui va nous emmener très loin. Plutôt que d’acheter un carnet de Mariannes autocollantes au bar-tabac PMU du coin, je suis passé à la poste du Caroussel du Louvre, qui possèdent plusieurs avantages sur le bureau de la rue du Rendez-Vous : le cadre est raffiné, il est ouvert le dimanche, et surtout on y fait pas la queue. On peut donc aller déranger les deux sympathiques fonctionnaires qui gardent ce bureau un peu spécial, pour prendre le temps d’acheter des beaux timbres, sans avoir le scrupule de faire patienter les quinze personnes derrières vous, venues pour chercher un recommandé ou envoyer de l’argent par mandat au Burkina Faso. J’ai donc opté pour le carnet collector "Portraits de régions n° 7", avec ses petites vignettes détachables vantant des produits et des paysages bien d’chez nous (le Roquefort, les hortillonnages, etc.). A un détail près, une illustration qui arrive comme un poil sur le potage : le Carnaval. Pas celui de Nice ou celui de Calais, le Carnaval du Brésil, avec ses peaux colorées et ses costumes en plume d’autruche. Par quelle facétie burlesque ce produit exotique s’est-il incrusté au milieu des produits du terroir bien franchouillards ? Mystère et sphères de caoutchouc. J’ai donc mené l’enquête.
Après vérification, il semble que la photo choisie vienne des Antilles ou de la Guyane, plus vraisemblablement de la Guadeloupe si je m’en réfère au crédit photographique des auteurs. Cela dit, impossible de connaître la date et le lieu exacts du cliché. Cette série de timbres en est au 7ème épisode depuis 2003 (ce dernier est paru le 27 mars 2006), et c’est la première fois que les PTT se sont rappelé que la France possède des territoires de l’autre côté de l’Atlantique. C’était peut-être l’occasion de rendre hommage au bon rhum ambré ou aux paysages de la Guadeloupe, qui font autant partie du patrimoine national que le Beaujolais et le château de Chambord. C’est raté. Si tout le monde a réagi comme moi, du moins. Pour le français un peu moyen, l’antillais de base continuera longtemps à se résumer à un indigène un peu feignasse qui vient grossir les rangs des contractuelles et des services de la mairie de Paris, pendant que leurs îles d’origine, qui ne font plus rêver grand monde comme destination touristique, s’enfoncent lentement dans le chômage et l’assistanat. Heureusement qu’il y a la banane subventionnée, mais combien de temps encore ? C’est sévère comme constat, mais c’est comme ça. Et pour la Guyane, c’est encore pire : si il n’y avait pas la fusée Ariane, le pays serait déjà tombé dans le tiers-monde dans l’indifférence totale de la métropole (relire à ce propos le récit des mes aventures en Guyane, voir section "Archives" de juillet 2005).
Pendant ce temps là, les pipoles de TF1 vont vivre dans les prochaines semaines des péripéties stupéfiantes au milieu de la "mata atlantica" de l’état de Rio. Au fait, il leur suffit de crier le titre de l’émission ("Je suis une célébrité, sortez-moi de là") pour que leur aventure s’arrête illico et qu’ils retournent en métropole l’œil blafard et la queue basse. J’ai moi même tenté l’expérience vendredi soir au bureau, pour faire le chemin en sens inverse, mais ça n’a pas marché. Il est vrai que je ne suis pas une célébrité. Enfin, pas encore.
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07/04/2006
Ca me démange le PIF
Après deux semaines de reprise au bureau, les gens continuent à être gentil avec moi en ne me bombardant pas d’entrée avec des problèmes techniques insolubles à résoudre urgemment. Par contre, je suis assommé par le nombre de sigles bizarres qu’il me faut décoder en permanence pour comprendre ce que les gens disent. J’ai parfois le sentiment d’entendre des paroles cryptées, destinées à brouiller l’écoute de l’auditeur. Des fois, ça serait plus clair en Portugais. Si encore, c’était pour cacher quelques turpitudes inavouables relevant de la safazeda et du sacanagem, cela pourrait pimenter la conversation. Mais même pas, il s’agit bêtement de charabia informatique revu et augmenté à travers la novlangue de la culture d’entreprise. Terrible. Et quand les sigles se mélangent, ça donne un sacré potage.
Premièrement, il ne faut pas confondre le CPE et le CPF. CPE, tout le monde connaît, même ceux qui reviennent d’un séjour de six mois en Papouasie dans une zone tribale inaccessible même par satellite. Mais CPF, ça mérite un décryptage. Je pensais naïvement qu’il s’agissait du Comprovante de Pessoa Fisica, qui est au contribuable brésilien ce que le numéro de sécu est à l’assuré social français. Chez AXA, le CPF est en fait le Comité de Pilotage du Fonctionnement. C’est tout aussi technocratique, mais beaucoup moins poétique. Ca m’étonnerait qu’on en fasse une samba. Ou même UN samba – je rappelle (voir notes précédentes), que le mot est masculin en Portugais.
Bref, il me faut me réhabituer aux TMA, aux CRAM, aux RPP, IFU, SDC et autres CSF et y rajouter les TRA, GET, DATAR, PPA, sans compter le BSB. Quant aux contrats sans SM, ne pas croire qu’ils sont conçus pour n’infliger au souscripteur aucune punition cruelle exercée par un maître encagoulé revêtu d’une tenue en vachette pleine fleur achetée chez Monsieur Meuble. Il s’agit seulement de contrats sans Sélection Médicale. On respire. Une année sans, ça m’avait manqué. Dire qu’il y a encore un mois, j’étais en havaianas en train de siroter une caïpirinha en regardant passer la vie, tranqüilo. C’est vraiment CDF (traduction : censuré).
Si la grève dans les universités françaises continue, les étudiants seront en retard sur leur programme scolaire, mais plus grave, ne seront pas prêt à temps pour la Copa do Mundo. L’addiction au futebol est quand même nettement plus prononcée au Brésil qu’en France. Même avec tous les problèmes qu’affronte le pays (corruption, violence par armes à feu, épidémie de malaria), on n’oublie pas que du 9 juin au 9 juillet, la terre s’arrêtera de tourner et le centre du monde sera situé en Allemagne.
Autre religion du Brésil après le futebol, le christianisme. Il paraît qu’on vient de divulguer aux Etats-Unis une nouvelle traduction d’un manuscrit découvert en 1978 en Egypte, baptisé "évangile selon Judas". Selon cette nouvelle version, Judas ne serait pas un traître, mais seulement un apôtre "choisi par le Christ pour initier un processus de rédemption de l’humanité" (sic). En France, embourbés dans nos problèmes, cette information capitale nous avait échappée. Elle faisait en revanche le gros titre de l’édition d’hier du "Jornal Nacional" de la Globo. Il suffirait pourtant d’adapter un peu pour que PPDA en fasse un gros titre qui intéresse les français au point d’en faire l’ouverture du 20 heures. D’après l’évangile selon Nicolas Sarkozy, le président de l’UMP ne serait pas un traître, mais un apôtre choisi par Jacques Chirac pour initier le processus de récupération de la Droite dans le but de gagner les élections en 2007. Je sais, ça fait moins catholique, mais n’oublions pas que la France est le pays de Voltaire et de Charlie Hebdo.
Pendant ce temps là, le tenente-coronel Marcos Cesar Pontes, premier astronaute brésilien, continue à survoler notre bonne vieille planète bleue du haut de l’ISS, la station spatiale internationale. En revanche, aucune nouvelle sur l’expérience de croissance du feijão en apesanteur. Je suis d’autant plus impatient de connaître le résultat de cette expérience scientifique indispensable que j’ai découvert que chez Leader Price, ils vendent de la feijoada en barquette céramique à réchauffer au micro-onde – disponible au rayon "produits portugais". Idéal pour emporter dans l’espace. Mais ça m’étonnerait qu’il ait pensé à passer chez Franprix avant de décoller dans le Soyouz. Forcément, on ne pense jamais à tout.
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31/03/2006
Sur orbite ...
Le 28 mars, avait lieu la grande manifestation contre le CPE, avec au moins un million de personnes dans les rues selon les estimations les moins généreuses. A Paris, le rassemblement avait lieu place d’Italie, et le cortège devait prendre la direction de la République en passant par la Bastille. Je m’y suis rendu par sympathie avec les manifestants pacifiques (pas les casseurs) et avec une pointe de ressentiment contre le coronel Villepão, qui a beaucoup baissé dans mon estime depuis l’époque où il tenait tête aux américains dans le conflit irakien. Avec le recul, je n’ai pas manqué de relever certaines analogies et certaines différences entre les traditions françaises et brésiliennes dans le domaine de l’animation de rue. Au Brésil, ça s’appelle le Carnaval, et le but premier n’est pas de protester contre le pouvoir en place, même si les brésiliens ont composé plusieurs sambas sur le thème du "mensalão" (la grosse affaire de corruption qui éclabousse le gouvernement Lula).
Avant de défiler, il faut d’abord rejoindre la concentration. A Rio, les chars allégoriques prennent place dans la contre-allée qui borde l’avenida Presidente Vargas avant de passer par le Sambodromo. A Paris, les chars de la CGT prennent place boulevard Vincent Auriol avant de rejoindre le boulevard de l’Hopital en direction de Bastille. Une fois dans la concentration, il faut attendre pendant des heures que le moment de défiler arrive. Au Brésil, il faut lutter contre la chaleur, habillé dans des tenues pas vraiment pratiques pour défiler. En France, il faut mettre la petite laine et avoir de bonnes chaussures, parce que ça caille. Pour tenir le coup en attendant le départ, il faut hydrater. Seule la marque de la bibine change : la Skol est remplacée par la Kronembourg. Voilà pour les analogies.
Mais il y a aussi pas mal de différences. Il faudrait commencer par faire un peu plus d’effort sur la déco. Inutile de se déguiser en poule géante pour défiler, surtout en ces temps de grippe aviaire. Mais franchement, la fourgonnette Renault d’occasion avec une banderole et deux drapeaux rouges, ça fait un peu amateur à côté des chars allégoriques de Vila Isabel (la championne du carnaval de Rio cette année, voir notes du mois de février, section "Archives"). Ensuite, ça manque de petits vendeurs ambulants pour vendre de la binouze pas chère. Il y a bien le J7 le la CGT qui vend de la Kro à tarif militant, mais c’est quand même pas pareil. A un moment, j’ai cru voir des gens prendre une caïpirinha, mais renseignement pris, c’était un mojito, un cocktail très prisé en raison de ses origines cubaines. Mais la plus grosse différence, c’est au moment de la dispersion. A Rio, en arrivant place de l’apothéose, le défilé est applaudi chaleureusement par la foule. En arrivant place de la République, les manifestants sont accueillis par une bande de zyvas qui cassent des abribus et fauchent des téléphones portables. Je préfère de loin la méthode brésilienne. Après avoir fait trois kilomètres à pied en criant "Retrait ! Retrait ! Retrait du CPE !" et en chantant "Si t’es contre Villepin tape dans tes mains, si t’es contre Sarkozy fait du bruit", ça mériterait aussi des applaudissements.
Je précise également que lors de la concentration dans le Sambodromo, les participants au défilé doivent quand même limiter leur consommation de Skol, car il est extrêmement difficile de faire pipi une fois qu’on a pris place dans le cortège, surtout quand on est habillé en perroquet géant. Conseil que certains militants particulièrement remontés contre le CPE n’ont pas suivi avec la Kronembourg. Il est également très difficile de faire pipi pendant la manif, car tous les troquets ont baissé leurs grilles pour éviter la casse. On ne pense pas à ces petits détails, qui sont pourtant importants.
Voilà donc qui devrait peut-être servir de suggestions pour la prochaine manif du 4 avril, car comme c’est parti, on va remettre ça. Pour ma part, il faudra que je refasse proprement ma pancarte "Cherche Pigeons à Exploiter", en rajoutant un peu de couleur pour que ça soit plus joli. Pendant ce temps là, Marcos Cesar Pontes devrait accomplir au moins deux cent révolutions. Pourvu qu’il ne retombe pas directement sur Matignon, ça ne serait vraiment pas de bol.
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27/03/2006
Evitons toute confusion ...
Ca y est, j’ai emménagé à nouveau tout mon bazar à la maison, et en défaisant les cartons, je suis tombé en arrêt sur un objet insolite. Après un an de déformation culturelle, ma première réaction a été : quoi, j’avais donc déjà un pilon en bois pour préparer la caïpirinha ? Après une contre-expertise du bidule, je me suis rendu compte de ma méprise totale. Le schmilblick en question est en fait le marteau d’une espèce de gong tibétain, acquis lors de mon voyage sur le Toit du Monde. Le Tibet est un pays merveilleux, même s’il est difficile de trouver plus éloigné du Brésil – à tous points de vue. Un point commun toutefois : de retour de voyage, je suis dans un état méditatif proche de la lévitation, du calme contemplatif d’un Grand Lama. Pourvu que ça dure.
Toujours pas d’ADSL, je suis donc privé de novélas et de journal TV de la Globo. C’est ça le plus dur. Au bureau, il y a bien Internet, mais difficile de mettre le son pour écouter, surtout dans un open-space. De plus, le flux vidéo est rejeté par le système, qui a été bêtement conçu pour des applications strictement liées au travail que je suis censé effectuer. J’en suis donc réduit à lire le compte-rendu des derniers épisodes de "Sinha moça" sur le site de la Globo, mais franchement, il faut vraiment être accroc. A la lecture, c’est aussi lapidaire que le résumé des "Feux de l’Amour" sur Télé Z. Je rappelle que "Sinha moça" est la nouvelle novéla qui a remplacé "Alma Gêmea" à 18 heures, elle est diffusée depuis le 13 mars. "Sinha moça" appartient à la catégorie des novélas historiques, en costumes d’époque – mes préférées. Les brésiliens trouvent dans leur histoire une source d’inspiration inépuisable pour les grandes sagas romantiques, avec une prédilection pour la période de la seconde moitié du XIXème siècle, juste avant l’abolition de l’esclavage (1889). "Sinha moça" se déroule en 1878, ce qui lui permet de suivre les règles propres à sa catégorie.
Comme l’esclavage existe toujours à cette époque, les gentils sont ceux qui luttent pour son abolition, suivant le modèle du poète Castro Alves. Et évidemment, les méchants sont les esclavagistes, avec souvent un gros propriétaire terrien irascible et brutal, qui tue ses esclaves à la tache. Dans "Sinha moça", c’est le coronel Ferreira, ci-devant baron de Araruna. Comme par hasard, il a une fille, surnommée "Sinha moça", qui est contre l’esclavage. Et pour compliquer le tout, le beau Rodolfo en tombe amoureux, et est obligé de cacher ses convictions républicaines et abolitionnistes pour se faire accepter par le méchant baron. Problème : Sinha croit que Rodolfo est un esclavagiste, et donc le méprise tout en étant amoureuse. Ca s’arrange dans le chapitre de vendredi dernier, puisque Rodolfo lui révèle qu’il a été obligé de travestir ses véritables idéaux pour pouvoir l’approcher sans s’attirer les foudres du baron. Ils s’embrassent passionnément au son de la musique romantique (enfin j’imagine, parce que sans le son, ça le fait moins). Mais vont-ils pouvoir cacher longtemps la vérité, et bien entendu se marier à la fin ? Réponse dans les 180 prochains épisodes.
Toujours en version muette et sans images, le résumé des derniers événements au Brésil. La routine : encore un député blanchi dans une affaire de corruption, une rébellion dans une prison qui se termine mal et à l’International, les protestations contre la "Lei do Primeiro Emprego" (en français : CPE). Mais le sujet qui a déclenché les passions est le reportage passé dimanche 19 dans l’incontournable émission d’informations "Fantastico" - une institution. Il s’agissait d’un sujet choc sur les enfants impliqués dans le trafic de drogue, dans les favélas. Sur les 17 mineurs filmés pour témoigner, 16 sont déjà morts, rejoignant la liste de 33 000 jeunes tués par arme à feux au cours des dix dernières années. Le reportage a ému tout le monde, jusqu’à Lula qui l’a commenté publiquement jeudi dernier. Au Brésil, il est très facile pour les jeunes issus de milieux défavorisés de trouver une situation stable : couchés, dans une caisse en bois. Et personne ne fait de manifs contre ça.
Demain, le peuple français va à nouveau défiler contre le rétablissement de l’esclavage prôné par le ci-devant baron De Villepin. Je ne sais pas si au siècle prochain, on trouvera l’inspiration pour en faire une grande saga romantique à la télévision. Ca m’étonnerait.
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23/03/2006
C'est bizarre ...
Je vais devoir patienter quelques jours avant d’avoir de nouveau l’ADSL à la maison, il a donc fallu trouver une bidouille pour pouvoir continuer à alimenter ce blog qui restait désespérément vide depuis une semaine. Le problème est maintenant résolu. De retour au bureau, on a du me demander déjà 63 fois si "c’est pas trop dur ?". Dur, pas trop. Mais bizarre, certainement. Il faut retrouver désormais les habitudes et les réflexes que j’ai perdu depuis près d’un an. Ca commence par de petites choses.
Par exemple, pour allumer la télé avec la zapette. Au Brésil, on appuie logiquement sur le bouton "ON", pour tomber sur la dernière chaîne qu’on a regardé, comme par hasard, la Globo. Dans le pays de Descartes, il faut appuyer sur le bouton de la chaîne à choisir, on a donc aucune excuse d’appuyer sur le bouton de TF1. Avant-hier, j’ai pris un bus de la RATP. Il n’y a même pas de tourniquet, et encore moins de "cobrador" (receveur). On passe le badge magnétique qui fait "bip", et on monte. C’est le conducteur qui est censé contrôler, tant pis pour lui s’il y a un jeune mal élevé qui monte sans titre de transport. Une fois dans le bus, il n’y a même pas besoin de s’accrocher comme un malade pour éviter de se retrouver les quatre fers en l’air au premier cahot. A croire que les amortisseurs sont neufs. Pour faire arrêter le bus, il n’y a même pas de ficelle au plafond, il suffit d’appuyer sur le bouton. Désormais habitué aux bus brésiliens, je croyais que ce bouton avait une fonction purement décorative.
Dans le métro, il y a un journal encore moins cher que "Meia hora", ça s’appelle "20 minutes". Même pas 50 centavos, c’est gratuit. J’en déduis donc que ce sont les 10 minutes de lecture en plus qui sont payantes. Il faudra que les brésiliens créent un journal qui s’appelle « 20 minutos » pour égaler les français. En plus, dans "20 minutes", il y a un sudoku comme dans le supplément du dimanche du Globo, ce qui prouve que la France est un pays civilisé. En revanche, il n’y a même pas le résumé des dernières émotions de la télénovéla "Plus belle, la vie" qui passe tous les jours sur France 3 à 20h20. C’est normal, c’est complètement nul. Parole d’expert. Ca ne mérite vraiment pas une demie page avec photos, comme dans les pages télé du Globo. L’autre jour au Lavomatic, je suis tombé en arrêt sur un exemplaire de "Nous Deux" qui traînait sur le banc en face des séchoirs. Pour 1,60 Euros, on a deux romans photos complet, un à suivre, et cinq nouvelles sentimentales. Cela prouve qu’il existe en France de vrais grands auteurs pour nous faire rêver, alors pourquoi ne sont-ils pas adaptés à la télé ? Je vais écrire à Dominique de Villepin pour dénoncer cette injustice, j’espère qu’il trouvera un moment dans son agenda pour intervenir auprès de Patrick de Carolis. Ca sera toujours meilleur pour son image, que de faire l’andouille avec le CPE.
Ce matin, il y avait une grande réunion de département à l’auditorium de la tour Axa. Les chefs parlent de trucs étranges, avec des mots bizarres, je ne comprends pas tout, c’est à moitié en Anglais. C’est quoi, le "servicing" ? A mon avis, en Portugais, ça doit vouloir dire "servição". Il faudra que je regarde si c’est dans mon "Aurelio" (version exotique du Petit Larousse). Vu de mes nouveaux bureaux, au neuvième étage, Nanterre paraît presque aussi beau que São Paulo. En matière d’urbanisme, j’ai désormais des références incontestables.
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17/03/2006
Vu de ma fenêtre ...
Déjà 5 jours, j’aurais pensé que ce serait plus dur. Le beau temps qui règne ici y est pour beaucoup. Quand même, fait pas chaud, dans ce pays. Ils ont réglé la clim à fond, on se croirait dans une agence de la Banco do Brasil. Heureusement que j’ai déjà attrapé un rhume à Rio, il y aurait de quoi remettre ça. Oui, je me suis enrhumé à Rio, on ne rigole pas. Les épidémies de coryza arrivent en France et au Brésil à peu près au même moment, quand les organismes sont affaiblis. En France, c’est en hiver. A Rio, c’est après le Carnaval.
Mauvaise surprise en regardant les DVDs que j’ai acheté rua 25 de Março, les quatre pour 10 Reals. Je pensais avoir les shows des Rolling Stones et de U2 (voir semaines précédentes), plus les derniers grands succès du cinéma brésilien : "Os 2 filhos de Francisco" et "Se eu fosse você" (j’ai déjà vu ce dernier au cinéma). Une vraie farce : un totalement illisible, et trois qui contiennent un DVD qui n’a rien à voir avec la pochette, en l’occurrence des shows de MPB dont je ne connais absolument pas les chanteurs. Restons positif, j’aurai au moins l’occasion de découvrir quelque chose. J’avais pourtant déjà acheté des CDs chez ce type de petits vendeurs à la sauvette, et ils contenaient bien ce qu’on attendait. C’est l’inconvénient, quand on ne connaît pas les personnes : on peut tomber sur des gens malhonnêtes. Dorénavant, je me méfierai, je n’achèterai plus que chez les commerçants sérieux. Ceux qui vendent les trois pour 10 Réals. Ca revient plus cher, mais on n’a pas de mauvaise surprise. Notez bien, le gars assurait faire le service après-vente en cas de défaut. Mais je n’ai pas prévu de repasser tout de suite à São Paulo.
Pour se tenir au courant de ce qui se passe au Brésil, le meilleur moyen est de regarder le "Jornal Nacional", la grande messe de 20 heures sur la Globo. C’est possible sur Internet, grâce au Globo Media Center, dont j’ai déjà parlé. Je ne manquerai donc pas de répercuter ici les gros titres dignes d’intérêt. Ceux de l’édition de "quarta feira" (mercredi) sont sur les derniers sondages de l’IBOPE pour les élections présidentielles du mois d’octobre, qui montrent la remontée spectaculaire de Lula. La période de grosses turbulences semblent désormais derrière le président. Les affaires de corruptions dans lesquelles le PT est empêtré semblent oubliées, bien qu’on continue à parler à longueur de journal des interminables séances des commissions d’investigation qui enquêtent sur le sujet. Lula est maintenant devant José Serra, le maire PSDB de São Paulo (au centre-droite, le PSDB est le parti de l’ancien président Fernando Henrique Cardoso). Au mois de décembre, Lula était donné perdant au second tour contre José Serra. Ce qui revient à dire que la réélection de Lula est désormais quasiment assurée. En effet, le PSDB vient de rendre public le nom de son candidat pour l’élection présidentielle : ce ne sera pas le brave José Serra, mais le ci-devant Geraldo Alckmin, gouverneur de l’état de São Paulo, avec une tête de traître de novéla. Ce ne sont pas les sondages qui l’ont propulsé au poste, mais le parti. Et contre Lula, Alckmin ne fait pas le poids : les projections pour le second tour donnent 49 % pour Lula et 31 % pour Alckmin (les 20 % qui manquent, ce sont les blancs et les "ne sait pas").
La raison de ce revirement ? Peut-être dans le régime diététique auquel s’est soumis Lula. Il a perdu 12 kilos. Pour y parvenir, le président a totalement arrêté de picoler. C’est de notoriété publique : sans tomber dans l’excès, il aime bien lever le coude - ce qui explique peut-être qu’il soit super pote avec Chirac. Ses boissons préférées : la bière et le "uisque" (en français : whisky). Du coup, il a retrouvé la rage de vaincre. On peut entonner dorénavant la musique de "Eye of the Tiger", le Rocky Balboa du PT va cogner sec. Et c’est Alckmin qui va dérouiller. Le toucan va se faire béqueter par le léopard (NB : le bel oiseau au grand bec jaune est le symbole du PSDB).
Un autre symbole du Brésil s’est mis à la lutte politique, mais à son insu : le Christ du Corcovado. Des militants de Greenpeace ont réussi à dérouler une banderole sur son bras droit, pour attirer l’attention sur la conférence internationale de Curitiba sur les aliments transgéniques. Interviewé par la Globo, le protagoniste aurait déclaré : "Prenez, ceci est mon corps, et c’est garanti sans OGM.". Dire que j’ai manqué ça, vu de ma fenêtre.
P.S.: La bonne orthographe, c'est "chikungunya". En France, avec le CPE, c'est un vrai chikungunya.
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18/02/2006
Meu jeito carioca (3)
Nous sommes samedi et La fin de semaine promet d’être agitée. On ne parle ici que de l'événement qui se déroule aujourd'hui : le concert gratuit des Stones à Copacabana. Mick Jagger, Charlie Watts, Keith Richards et Ron Wood (246 ans à eux 4) sont arrivés hier à l’aéroport international Tom Jobim, mais les centaines de tonnes de matériel qu’ils transportent pour l’occasion sont déjà arrivés avant eux. Le million et demi de personnes attendues pour le concert n’auront à mon avis pas l’occasion de les voir autrement que sur les écrans géants disposés sur la plage : le privilège de les voir en chair et (surtout) en os sera réservé aux 6000 invités de la zone VIP, juste devant la scène, tandis que le commun des mortels sera éloigné d’au moins cent mètres et savamment contenu derrière un dispositif policier impressionnant. Un scoop : Mick Jagger parle Portugais. Enfin, il essaye, avec son jeune fils de 6 ans, Lucas, qu’il a eu avec la brésilienne Luciana Gimenez. Avec leur argent de poche, les Stones ont réservé un étage entier au Copacabana Palace, dont le prix des chambres n’a rien à voir avec l’hôtel Comercio de Pétropolis (voir note précédente). Ils devraient encore leur en rester après (du pognon), puisque leur venue à Rio (outre aller voir le fiston, pour Mick Jagger) est motivée par la réalisation d’un DVD de ce concert mémorable. Il parait qu’ils ont fait une quinzaine de disques après la mort de Brian Jones en 1969, mais c’est au son des vieux succès qu’ils vont enflammer la plage de Copacabana. Quant à profiter de leur passage pour faire du tourisme, nenni : Mick Jagger a bien promis qu’il irai assister à un ensaio d’une école de samba, mais (scandale !), ils n’iront même pas manger une bonne feijoada. Ils ont fait venir un cuisinier japonais pour leur préparer des sushis (encore, ils auraient pu prendre un japonais de São Paulo, mais même pas).
La première fois que Mick Jagger est venu à Rio, c'était en 1968, à l'époque il était avec Marianne Faithfull, il logeait déjà au Copacabana Palace, et Fernanda Montenegro (qui fait partie des 6000 invités VIP) était déjà une actrice consacrée. Au fait, elle revient, et elle va se venger ! Dans "Belissima", la novéla de 21 heures sur la Globo. Explication : en fait, elle n'était pas morte, l'accident de voiture qu'elle a eu était truqué. Ca va chier des bulles. A côté, Jack Bauer dans "24 heures chrono", c'est Gros Nounours dans "Bonne nuit les petits".
Je raconte pas mal de bétises dans ce blog, mais là, je vous jure que c'est vrai, car je l'ai lu dans le Globo de ce matin. Une des expériences que va mener l'astronaute brésilien Marcos Cesar Pontes à bord de la station spatiale internationale constistera à planter du feijão. Il ne manquera donc plus que le riz, la farofa et la carne de porco pour réaliser la première feijoada de l'espace. Comme quoi, j'étais pas tombé loin (voir note précédente).
Alma Gêmea : le compte à rebour est commencé. Nous en étions resté au moment où Serena kidnappe Rafael (plongé dans le coma) pour l’arracher aux griffes de Cristina. Au repos dans la petite ferme à côté de la roseraie, bien soigné grace aux potions magiques de l’indien José Aristide et à l’amour de Serena, Rafael reprend vite du poil de la bête. A tel point que quand Cristina arrive enfin a obtenir un mandat judiciaire pour le récupérer avec le concours de la force publique, c’est Rafael en personne, encore un peu fatigué, qui vient lui jeter au visage qu’elle peut aller se faire cuire un œuf. Au passage, il lui intime l’ordre de quitter la maison, car il va retourner pour y vivre avec Serena.
Officiellement, Rafael est toujours marié avec Cristina, mais leur union n’a pas été consommée (bien que cette s… de Cristina ait tenté de lui faire croire qu’elle était enceinte de lui après la nuit où elle l’avait drogué pour coucher avec lui). Aussi ne devrait il pas être trop difficile d’obtenir un accord de séparation amiable, sauf que Cristina réclame un paquet de pognon hallucinant. Elle tente de lui faire vendre la roseraie, qui est attaquée par les fourmis. Mais la vioque a un autre plan. Debora, la mère de Cristina, a un projet plus radical : se débarasser de Rafael avant que l’accord de séparation soit signé, et faire de sa fille une riche veuve. Pour cela, elle retourne voir la vieille sorcière dans sa masure pour récupérer une nouvelle dose de poison, arme dont elle s’est déjà servie pour se débarrasser de Guto, le complice de Cristina dans le meurtre de Luna (la première femme de Rafael).
Mais Guto n’est pas vraiment mort. Son fantôme revient périodiquement hanter Cristina. Son fantôme vient également demander de l’aide à Alexandra, la femme du docteur Eduardo, celle qui est un peu zinzin (en fait, elle n’est pas folle, elle est juste douée de pouvoirs extrasensoriels). Guto lui demande d’aller chercher les bijoux de Luna (que Cristina s’était appropriée avec l'aide de Guto, et qu’il avait par la suite dérobé à Cristina). Guto, avant de mourir, avait caché les bijoux dans un endroit impossible à trouver, mais grâce aux pouvoirs extra-hypers-machin d’Alexandra, paf ! Elle retrouve les bijoux … Ivan, le chauffeur de Cristina (et accessoirement son amant), tente alors de lui arracher des mains, mais il en est empèché par l’intervention de Ciro. Alexandra va rendre les bijoux à leur propriétaire véritable, c'est-à-dire à Serena … Puisque Serena est la réincarnation de Luna (j’espère que vous suivez).
Pendant ce temps, Cristina (expulsée de la maison de Rafael), se morfond dans une toute petite maison que la famille a consenti à lui confier pour un hébergement temporaire. Malgré tout ce qui s’est passé, elle est toujours amoureuse de Rafael, c’est pourquoi la vioque échafaude le plan pour se débarrasser de Rafael à son insu. Quand Cristina apprend qu’Ivan a échoué pour récupérer les bijoux, elle pète les plomb. Elle ne trouve rien de plus intelligent qu’aller directement chez Rafael pour demander de les lui rendre (comme si c’était pas suffisant d’avoir fait tué Luna pour se les approprier et de les avoir cachés pendant 20 ans). Elle croit vraiment, cette balluche, qu’elle va se pointer comme ça en disant : coucou, c’est moi, je veux les bijoux ? D’autant plus que Serena est très forte (elle a été élevée dans la forêt), et quand Cristina tente de forcer le passage, elle se prend une soufflante d’anthologie. Soit dit en passant, dans la novéla, quand ils se bagarrent, on voit en général que c’est du chiqué. Mais là, Cristina s’en est vraiment pris une, elle a du dérouiller sévère. Décidément, après être passée dans la fosse à cochons, la pauvre Flavia Alessandra (la belle blonde qui joue le rôle de Cristina) n’est pas à la fête.
Pour Serena, en revanche, ça baigne. Elle habite désormais chez Rafael, en attendant le constat de séparation avec Cristina. Elle propose à Rafael de ne pas attendre, et de s’unir dès à présent devant le Créateur, dans une cérémonie inspirée des rituels indiens. Ils échangent des alliances en roseau, puis s’empressent de retourner à la maison pour (enfin) conclure. Ca faisait quand même au moins 163 épisodes qu’on attendait ça, mais question gaudriole, on ne voit que pouic, il ne faut pas oublier que la novéla passe à 18 heures et qu’elle est classée "tous publics". Accessoirement, ils arrivent à sauver la roseraie (les fourmis sont chassées, toujours grâce aux trucs indiens de José Aristide), ruinant définitivement les plans de Cristina.
Il ne reste donc plus pour cette dernière qu’à attendre le jour où l’accord de séparation va être signé, pendant que la vioque lui répète inlassablement qu’elle a son plan (sans lui révéler, bien sûr). Ce jour arrive, Cristina, Debora et leurs avocats débarquent chez Rafael. Avec la complicité d’Ivan (le chauffeur), Debora arrive à s’introduire dans la cuisine pour verser le poison dans le verre de Rafael. Sauf que la vioque est prise à son propre piège. Du temps où elle règnait en tyran domestique sur la maison, elle ne cessait de casser les pieds d’Eurico, le domestique, en lui disant que les verres devaient toujours être bien alignés sur le plateau. Eurico, par réflexe, réaligne les verres et les réorganise selon le principe du jeu de bonneteau (où il est le poison ?).
La tronche pas possible de la vioque quand elle voit comment les verres sont disposés ... Mais c’est trop tard, le sort en est jeté. Les verres sont distribués au hasard, Rafael est le premier à boire, suivi de Serena, suivi de Cristina, et enfin de Debora. Et alors ? Et alors ?
Et alors, c’était la fin de l’épisode de jeudi soir. A l’heure où je publie ces lignes, je sais déjà qui a hérité du poison, mais comme je suis parfaitement sadique, je ne révèlerai la suite que dans une prochaine note. Hyark, hyark. Je m’entraine pour être un vrai méchant de novéla !
Cette nuit, les états du sud du Brésil (du Rio Grande do Sul au Minas Gerais, inclus Rio de Janeiro) changent d'heure : on quitte l'horaire d'été. Je n'ose pas dire qu'on repasse à l'heure d'hiver, car l'hiver ne commencera que dans quatre mois, et à l'heure où l'on retardera les montres d'une heure, il fera encore dans les 30 degrés. Conséquence pratique : il y aura alors 4 heures de décalage horaire avec la France : quand il sera 5 heures à Rio, il sera 9 heures à Paris. Une heure de plus, la nuit la plus longue de l'année. Et ce n'est pas à cause des Rolling Stones !
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