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26/05/2006
J -14 - L'échauffement
Tout d'abord, je voulais m'excuser auprès de mes chers lecteurs d'avoir un peu abandonné ce site depuis plus d'un mois : la faute au manque de temps, de motivation, au RER, au travail, à la déclaration d'impôts, à la météo, à Nicolas Sarkozy, etc. Je profite de ce WE prolongé pour m'y remettre sérieusement. Je n'avais pas trouvé de source d'inspiration, bien que les sujets dans l'actualité brésilienne (que je suis régulièrement) n'aient pas manqué : les violences à São Paulo, l'annonce de l'autosuffisance du Brésil en pétrole ... Sujets toutefois un peu trop sérieux pour l'amateur de pignolades que je suis.
Le déclic a été bien sûr la visite de Jacques Chirac au Brésil, à commencer par l'interview qu'il a donné pour la Globo dans les salons de l'Elysée, avant de décoller pour Brasilia. Toujours digne de Gaston Lagaffe, notre président-sans-emploi a répondu fort diplomatiquement à l'inévitable question "futebol" du journaliste, à savoir qu'il verrait bien de nouveau une finale France-Brésil pour la Copa do Mundo, et que bien entendu, la France gagnera, comme en 98. A défaut, il pourra toujours tenter de refiler quelques Airbus à son copain Lula, ou bien un TGV Rio-São Paulo pour faire le trajet en deux heures au lieu de six par l'autobus (j'ai déjà donné). Mais faut pas réver. Même pour les Airbus : même si Petrobras fournit gratuitement le kérosène, la Varig est désormais en dépot de bilan.
J'ai décidé donc de jouer les chroniqueurs sportifs à l'occasion de cette coupe du monde de futebol 2006, je l'espère plus à la manière d'Antoine Blondin que de celle de Thierry Roland. Il faut dire que si en France le compte à rebours vient à peine de commencer, au Brésil, le "contagem regressiva" dure depuis au moins six mois. Les mauvaises langues diront même qu'il dure depuis 4 ans. Comme je l'ai déjà dis plusieurs fois dans ce blog, la folie pour ce sport au Brésil n'est pas un cliché. Elle dépasse largement ce qui se voit sous nos lattitudes. C'est promis : dans cette coupe du monde, je soutiendrai le Brésil jusqu'au bout, et la France jusqu'à ce qu'elle se fasse éliminer. Tant pis pour le pronostic de Jacques.
En attendant le coup d'envoi, j'en ai profité pour rajouter quelques photos de Rio sur ce site, en créant deux albums : le premier de style cartes postales, avec de très belles photos du Pain de Sucre et du Corcovado prises depuis l'appartement de Luci où j'ai résidé pendant mes trois mois passés dans la "cidade maravilhosa". L'autre est consacré aux curiosités de la ville, en particulier au temple de l'Eglise Positiviste du Brésil, dont j'ai déjà plusieurs fois parlé (voir notes du mois de février, section "Archives"). C'est en me replongeant dans ces photos que j'ai découvert le détail intriguant, à propos des bustes d'hommes célèbres censés représentés les mois de l'année du calendrier positiviste : ils ne sont pas douze, mais treize. Explication : le calendrier positiviste compte 13 mois de 28 jours. Si on calcule, ça fait 364 jours, et il reste un jour supplémentaire à rajouter tous les ans plus un jour de rab à intercaler de tous les quatre ans pour faire le bon compte.
Quant au choix des hommes célèbres, il mérite un petit commentaire. Ce choix est fortement inspiré par la fascination qu'éprouvait Auguste Comte pour l'esprit du siècle des lumières, en y ajoutant un léger chauvinisme. Comment expliquer autrement la présence de Frederik II de Prusse, sinon par son statut de "despote éclairé", amis des philosophes en général et de Voltaire en particulier. Quant à la présence de Bichat, elle s'explique par le fait qu'à l'époque de Comte, Pasteur était encore inconnu. Bichat n'a pourtant pas laissé qu'un hôpital à Paris XVIIIème (arrondissement), mais il a été un peu éclipsé depuis par notre grand bienfaiteur national de l'humanité dont le nom figure dans toutes les villes, autant que pour les rues Getulio Vargas au Brésil (relire ce blog depuis le début pour ceux qui ne savent pas qui est Getulio Vargas).
Pauvre Bichat, injustement (?) oublié. En plus, sur un site brésilien expliquant les 13 mois de l'année du calendrier Positiviste (voir ci-dessous), j'ai vu son nom orthographié "Bicha", qui est en Portugais du Brésil un des nombreux mots désignant une personne à voile et à vapeur. Sur le buste du temple de Rio, heureusement, il n'y a pas l'erreur. Sinon, le président de l'église, le sympathique doutor Danton Voltaire Pereira de Souza (c'est son nom), ne manquerait pas de décocher un sourire malicieux.
Pour en savoir plus (désolé, le site n'est qu'en Portugais) : http://www.calendario.cnt.br/cal_reformistas.htm
Pendant ce temps là, Jacques Chirac continue son périple en Amérique Latine. A Brasilia, "notre président" en a bien entendu fait encore une ou deux : il a serré la pogne à un des gardes républicains (non prévu au protocole) et maté les (jolies) jambes de la présidente du Supremo Tribunal Federal (grosso modo équivalent brésilien du Conseil Constitutionnel), Ellen Gracie. Il s'est quand même rattrapé en jouant son meilleur rôle, celui du "c'est la faute aux américains", en l'occurrence dans le dossier des subventions agricoles des pays développés (qui pénalisent les producteurs des pays émergents). Lula a pris une petite revanche en déclarant en présence de l'intéressé que bien entendu, c'est le Brésil qui gagnera la finale contre la France. Si du moins, les Bleus arrivent à ce stade de la compétition (ça, c'est moi qui le rajoute). Non mais.
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