27/03/2006

Evitons toute confusion ...

Ca y est, j’ai emménagé à nouveau tout mon bazar à la maison, et en défaisant les cartons, je suis tombé en arrêt sur un objet insolite. Après un an de déformation culturelle, ma première réaction a été : quoi, j’avais donc déjà un pilon en bois pour préparer la caïpirinha ? Après une contre-expertise du bidule, je me suis rendu compte de ma méprise totale. Le schmilblick en question est en fait le marteau d’une espèce de gong tibétain, acquis lors de mon voyage sur le Toit du Monde. Le Tibet est un pays merveilleux, même s’il est difficile de trouver plus éloigné du Brésil – à tous points de vue. Un point commun toutefois : de retour de voyage, je suis dans un état méditatif proche de la lévitation, du calme contemplatif d’un Grand Lama. Pourvu que ça dure.

Toujours pas d’ADSL, je suis donc privé de novélas et de journal TV de la Globo. C’est ça le plus dur. Au bureau, il y a bien Internet, mais difficile de mettre le son pour écouter, surtout dans un open-space. De plus, le flux vidéo est rejeté par le système, qui a été bêtement conçu pour des applications strictement liées au travail que je suis censé effectuer. J’en suis donc réduit à lire le compte-rendu des derniers épisodes de "Sinha moça" sur le site de la Globo, mais franchement, il faut vraiment être accroc. A la lecture, c’est aussi lapidaire que le résumé des "Feux de l’Amour" sur Télé Z. Je rappelle que "Sinha moça" est la nouvelle novéla qui a remplacé "Alma Gêmea" à 18 heures, elle est diffusée depuis le 13 mars. "Sinha moça" appartient à la catégorie des novélas historiques, en costumes d’époque – mes préférées. Les brésiliens trouvent dans leur histoire une source d’inspiration inépuisable pour les grandes sagas romantiques, avec une prédilection pour la période de la seconde moitié du XIXème siècle, juste avant l’abolition de l’esclavage (1889). "Sinha moça" se déroule en 1878, ce qui lui permet de suivre les règles propres à sa catégorie.

Comme l’esclavage existe toujours à cette époque, les gentils sont ceux qui luttent pour son abolition, suivant le modèle du poète Castro Alves. Et évidemment, les méchants sont les esclavagistes, avec souvent un gros propriétaire terrien irascible et brutal, qui tue ses esclaves à la tache. Dans "Sinha moça", c’est le coronel Ferreira, ci-devant baron de Araruna. Comme par hasard, il a une fille, surnommée "Sinha moça", qui est contre l’esclavage. Et pour compliquer le tout, le beau Rodolfo en tombe amoureux, et est obligé de cacher ses convictions républicaines et abolitionnistes pour se faire accepter par le méchant baron. Problème : Sinha croit que Rodolfo est un esclavagiste, et donc le méprise tout en étant amoureuse. Ca s’arrange dans le chapitre de vendredi dernier, puisque Rodolfo lui révèle qu’il a été obligé de travestir ses véritables idéaux pour pouvoir l’approcher sans s’attirer les foudres du baron. Ils s’embrassent passionnément au son de la musique romantique (enfin j’imagine, parce que sans le son, ça le fait moins). Mais vont-ils pouvoir cacher longtemps la vérité, et bien entendu se marier à la fin ? Réponse dans les 180 prochains épisodes.

Toujours en version muette et sans images, le résumé des derniers événements au Brésil. La routine : encore un député blanchi dans une affaire de corruption, une rébellion dans une prison qui se termine mal et à l’International, les protestations contre la "Lei do Primeiro Emprego" (en français : CPE). Mais le sujet qui a déclenché les passions est le reportage passé dimanche 19 dans l’incontournable émission d’informations "Fantastico" - une institution. Il s’agissait d’un sujet choc sur les enfants impliqués dans le trafic de drogue, dans les favélas. Sur les 17 mineurs filmés pour témoigner, 16 sont déjà morts, rejoignant la liste de 33 000 jeunes tués par arme à feux au cours des dix dernières années. Le reportage a ému tout le monde, jusqu’à Lula qui l’a commenté publiquement jeudi dernier. Au Brésil, il est très facile pour les jeunes issus de milieux défavorisés de trouver une situation stable : couchés, dans une caisse en bois. Et personne ne fait de manifs contre ça.

Demain, le peuple français va à nouveau défiler contre le rétablissement de l’esclavage prôné par le ci-devant baron De Villepin. Je ne sais pas si au siècle prochain, on trouvera l’inspiration pour en faire une grande saga romantique à la télévision. Ca m’étonnerait.    

Commentaires

Je viendrai visiter car j'adore le Brésil, la caïpirinia, la feichoada et je reviens du Tibet

Ecrit par : Yvon | 27/03/2006

Bob, à propos du député blanchi, j'espère que tu n'as pas raté sur Globo l'explosion de joie qui s'est emparée d'Angela, ci-devant députée du PT, qui dans l'hémicycle, sitôt le résultat du vote d'absolution connu, s'est mise à danser la samba !
Un grand moment de télé-réalité. Et une consternante démonstration de manque de respect, que les excuses publiques faites le lendemain auront du mal à rattraper.

Ecrit par : Francis | 27/03/2006

Bonsoir
Tu te rappelles sans doute pas de moi qui t'avais parlé des paons de Guyane ; même que t'avais répondu que c'était bien ces oiseaux, et que du coup je me suis dit : ça m'étonne pas, c'est bien une idée de Français que d'importer des oiseaux d'ornement alors qu'il y a plein de jolis oiseaux en Amazonie. Sauf que le paon est con, pas comme l'ortalie, mais presque comme le hocco.
Enfin bon, une fois tous les 4 mois je vais voir ton blog, tes aventures, je lis un peu et j'imprime et je me marre dans mes transports parisiens, et forcément aussi je voyage, ça fait du bien. Et là ce soir, stupeur : tu es revenu ! Dommage pour toi, et pour moi !
Bon je te refais un topo de ma situation qui a évolué depuis l'histoire avicole : je suis marié à une brésilienne de Manaus, et j'ai maintenant une petite fille de 3 mois. Si je te raconte ma vie, c'est parce que ma femme (et tu connais je n'en doute pas les femmes brésiliennes) s'est mise en tête de nous faire voyager à travers le Brésil le bébé et moi, alors qu'auparavant (soit les 2 voyages précédents) nous restions à Manaus et en Amazonie. Bref, j'ai cédé. Et nous atterissons fin mai à Rio. Nous souhaitons prendre un Airpass (4 trajets ?), mais comme nous ne restons qu'un mois (avec le bébé) où aller dans la mesure où : Nous irons comme il se doit à Manaus pour une dizaine ou moins de jours, nous devons aussi aller à Goias, et ma femme souhaite aller aussi à Natal. J'aurais bien aimé aller à Saõ Luis pour voir les dunes, mais je m'inquiete avec mon bout-de-chou, sinon Salvador de Bahia me plairait aussi d'autant plus que nous aurions un logement. Début juin, Bébé aura 6 mois, que peux-tu me conseiller ? voire ailleurs ?
Ton blog m'a plus que jamais convaincu d'aller vivre là-bas dans qq temps. Et le peu de temps que j'ai pu passer là me fait comprendre comment cela ne doit pas être si facile de rentrer.
Amicalement,
Guillaume

Ecrit par : guillaume | 27/03/2006

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