17/03/2006

Vu de ma fenêtre ...

Déjà 5 jours, j’aurais pensé que ce serait plus dur. Le beau temps qui règne ici y est pour beaucoup. Quand même, fait pas chaud, dans ce pays. Ils ont réglé la clim à fond, on se croirait dans une agence de la Banco do Brasil. Heureusement que j’ai déjà attrapé un rhume à Rio, il y aurait de quoi remettre ça. Oui, je me suis enrhumé à Rio, on ne rigole pas. Les épidémies de coryza arrivent en France et au Brésil à peu près au même moment, quand les organismes sont affaiblis. En France, c’est en hiver. A Rio, c’est après le Carnaval.

Mauvaise surprise en regardant les DVDs que j’ai acheté rua 25 de Março, les quatre pour 10 Reals. Je pensais avoir les shows des Rolling Stones et de U2 (voir semaines précédentes), plus les derniers grands succès du cinéma brésilien : "Os 2 filhos de Francisco" et "Se eu fosse você" (j’ai déjà vu ce dernier au cinéma). Une vraie farce : un totalement illisible, et trois qui contiennent un DVD qui n’a rien à voir avec la pochette, en l’occurrence des shows de MPB dont je ne connais absolument pas les chanteurs. Restons positif, j’aurai au moins l’occasion de découvrir quelque chose. J’avais pourtant déjà acheté des CDs chez ce type de petits vendeurs à la sauvette, et ils contenaient bien ce qu’on attendait. C’est l’inconvénient, quand on ne connaît pas les personnes : on peut tomber sur des gens malhonnêtes. Dorénavant, je me méfierai, je n’achèterai plus que chez les commerçants sérieux. Ceux qui vendent les trois pour 10 Réals. Ca revient plus cher, mais on n’a pas de mauvaise surprise. Notez bien, le gars assurait faire le service après-vente en cas de défaut. Mais je n’ai pas prévu de repasser tout de suite à São Paulo.

Pour se tenir au courant de ce qui se passe au Brésil, le meilleur moyen est de regarder le "Jornal Nacional", la grande messe de 20 heures sur la Globo. C’est possible sur Internet, grâce au Globo Media Center, dont j’ai déjà parlé. Je ne manquerai donc pas de répercuter ici les gros titres dignes d’intérêt. Ceux de l’édition de "quarta feira" (mercredi) sont sur les derniers sondages de l’IBOPE pour les élections présidentielles du mois d’octobre, qui montrent la remontée spectaculaire de Lula. La période de grosses turbulences semblent désormais derrière le président. Les affaires de corruptions dans lesquelles le PT est empêtré semblent oubliées, bien qu’on continue à parler à longueur de journal des interminables séances des commissions d’investigation qui enquêtent sur le sujet. Lula est maintenant devant José Serra, le maire PSDB de São Paulo (au centre-droite, le PSDB est le parti de l’ancien président Fernando Henrique Cardoso). Au mois de décembre, Lula était donné perdant au second tour contre José Serra. Ce qui revient à dire que la réélection de Lula est désormais quasiment assurée. En effet, le PSDB vient de rendre public le nom de son candidat pour l’élection présidentielle : ce ne sera pas le brave José Serra, mais le ci-devant Geraldo Alckmin, gouverneur de l’état de São Paulo, avec une tête de traître de novéla. Ce ne sont pas les sondages qui l’ont propulsé au poste, mais le parti. Et contre Lula, Alckmin ne fait pas le poids : les projections pour le second tour donnent 49 % pour Lula et 31 % pour Alckmin (les 20 % qui manquent, ce sont les blancs et les "ne sait pas").

La raison de ce revirement ? Peut-être dans le régime diététique auquel s’est soumis Lula. Il a perdu 12 kilos. Pour y parvenir, le président a totalement arrêté de picoler. C’est de notoriété publique : sans tomber dans l’excès, il aime bien lever le coude - ce qui explique peut-être qu’il soit super pote avec Chirac. Ses boissons préférées : la bière et le "uisque" (en français : whisky). Du coup, il a retrouvé la rage de vaincre. On peut entonner dorénavant la musique de "Eye of the Tiger", le Rocky Balboa du PT va cogner sec. Et c’est Alckmin qui va dérouiller. Le toucan va se faire béqueter par le léopard (NB : le bel oiseau au grand bec jaune est le symbole du PSDB).

Un autre symbole du Brésil s’est mis à la lutte politique, mais à son insu : le Christ du Corcovado. Des militants de Greenpeace ont réussi à dérouler une banderole sur son bras droit, pour attirer l’attention sur la conférence internationale de Curitiba sur les aliments transgéniques. Interviewé par la Globo, le protagoniste aurait déclaré : "Prenez, ceci est mon corps, et c’est garanti sans OGM.". Dire que j’ai manqué ça, vu de ma fenêtre.

P.S.: La bonne orthographe, c'est "chikungunya". En France, avec le CPE, c'est un vrai chikungunya.

Commentaires

j ai vu que vousaimiez le bresil
il y a plein de commentaire sur mon blog

www.salgues.net

de plus, je suis en train de completer mes connaissances, je bute sur des ouvrages consultés trop furtivement dans la biblkiothéque de Tolstoi a 200 km de Moscou

http://www.salgues.net/?p=489

a l 'aide donc et merci par avance....

Ecrit par : salgues | 19/03/2006

Bonsoir
C'est encore moi le cinglé des paons (eh sans jeu de lettres ! oublié le nom) : n'y a-t-il pas ici un index des endroits visités ? Pas chiant le mec...
Bon courage, Guillaume

Ecrit par : guillaume | 27/03/2006

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