29/09/2005

Belo Horizonte (2)

Mercredi après-midi, je suis allé visiter le musée historique Abilio Barreto. Ce musée est abrité en partie dans une petite demeure coloniale, dont la présence est assez inattendue au milieu de cet océan de béton. Le musée raconte l'histoire de la ville depuis sa fondation en 1895, en montrant notamment le plan original conçu par les urbanistes. Entre ce plan et la situation d'aujourd'hui, il y a malheureusement quelques différences notables : le parc municipal a diminué de moitié en surface, le jardin zoologique a été délocalisé en grande banlieue et surtout, la rivière qui serpentait joyeusement dans les prés s'est transformée en un égout à ciel ouvert canalisé par du béton, dont les bords n'accueillent plus qu'un traffic incessant d'automobiles.

Le soir, je suis allé dans un bistrot d'un standing nettement plus élevé que celui de la veille, le Tip-Top. C'est le plus vieux café de BH (1929), le mobilier et la décoration sont soignés. On peut y admirer de vieilles photos de BH. Cela n'a fait que renforcer mon opinion, à savoir que cette ville serait aujourd'hui magnifique si on avait conservé et rénové les petites maisons originales, plutôt que de les raser pour y faire pousser des tours de 20 étages dont l'esthétique va de plutôt moche à franchement tarte. C'est malheureusement une situation fréquente au Brésil : pour y voir des beaux ensembles architecturaux anciens comme ceux que j'ai déjà visités (Paraty, Porto Seguro, São Luis do Maranhão, São João del Rey ou Tiradentes), il faut que la ville soit tombée en léthargie pendant un ou deux siècles pour n'être redécouverte que récemment avec le développement du tourisme. Les grandes métropoles comme São Paulo ou Belo Horizonte, qui ont connu au cours du XXème siècle une croissance exponentielle, ont été le lieu de l'expérimentation architecturale moderniste, pour le meilleur et le plus souvent pour le pire.

Pour me réconcilier un peu avec l'architecture moderne, je suis allé visiter ce jeudi matin le site de Pampulha, et notamment l'église São Francisco de Assis, une oeuvre d'Oscar Niemeyer. Le plus célèbre des architectes brésilien (98 ans aux fraises, il est toujours de ce monde) a frappé un peu partout au Brésil, à Brasilia bien entendu, mais aussi à Curitiba (le musée, que j'ai déjà visité) ou à Niteroi (près de Rio, le célèbre musée en forme de soucoupe volante, je visiterai certainement avant la fin de mon séjour). Bien que cette église n'ait qu'un lointain rapport avec l'église homonyme de São João del Rey (chef-d'oeuvre de l'Aleijadinho, voir notes précédentes), mon impression générale a été trés positive.

Ce bâtiment de 1945 est la carte postale de Belo Horizonte, on ne manque pas d'en faire figurer la photo pour symboliser la ville. De petite dimension, il ressemble extérieurement plus à une piscine municipale qu'à une église. Remarque que je place juste pour le plaisir de dire une vacherie, car sans aller jusqu'à dire que c'est beau, je dirais que cela ne laisse pas indifférent. C'est une des premières oeuvres de Niemeyer, il était encore inconnu quand Juscelino Kubitschek, alors maire de Belo Horizonte, lui commanda plusieurs édifices à construire autour de la lagune de Pampulha, dans la grande banlieue de la ville. Ces deux là se sont visiblement bien entendus, puisque dix ans plus tard, quand JK est devenu président du Brésil, c'est Oscar Niemeyer qu'il choisit pour faire construire la nouvelle capitale Brasilia.

Le bâtiment est extérieurement en excellent état, et n'a jamais été rénové, à ma connaissance. Ce qui est déjà à souligner pour un bâtiment d'architecture moderne, qui en général devient une ruine en un temps record (exemple : Beaubourg). Il est célèbre pour ses décorations d'azulejos modernes, signés du célèbre peintre brésilien Candido Portinari, dont ont peut voir les oeuvres les plus célèbres au MASP de São Paulo. Là encore, sans aller jusqu'à dire que c'est beau, je dirais que cela ne laisse pas indifférent. L'intérieur est est également décorés d'azulejos, et le fond du coeur abrite une grande fresque de Portinari censée représenter Saint François d'Assise, et là, sans aller jusqu'à dire que c'est moche, je dirais que cela ne laisse pas indifférent.

En bref, même si je ne mets pas ce style d'architecture sur un pied d'égalité avec les chefs-d'oeuvres baroques de l'Aleijadinho, je dirais que c'est un des monuments à voir pour avoir une (presque) bonne impression sur l'architecture de la seconde moitié du XXème siècle.

J'ai passé presque la totalité de cette note à disserter sur l'architecture contemporaine sur un ton preque comparable à une soirée Thema sur Arte, c'est à dire sans dire de c..., ce qui est très inhabituel. A l'intention de mes fidèles lecteurs qui auraient tenu jusqu'ici sans zapper sur un site où on peut trouver des blagues de Carambar, je vais me rattraper illico.

Lundi prochain, le 3 octobre, débute sur la Globo une nouvelle télénovéla humoristique intitulée "Bang bang" (j'en ai déjà parlé, voir notes précédentes). Je ne sais pas si ça sera un chef d'oeuvre, mais la bande de lancement est franchement poilante, au moins au second degré. Mais ce qui déclenche particulièrement mon hilarité est la façon de prononcer le titre, à la brésilienne. Il faut prononcer : "Ban'gué ban'gué" ! Il faut savoir que les brésiliens ont une façon bien a eux d'adapter les mots étrangers, en particuliers ceux d'origine anglo-saxonne. Quand ce n'est pas l'orthographe qui subit un sévère lifting (exemple : "úisque" pour désigner un célèbre alcool écossais), c'est la prononciation qui prend une tournure exotique et réjouissante.

Pour vous assurer de l'effet comique, levez-vous de votre siège et criez à plein poumon : "Ban'gué ban'gué" ! Si vous travaillez dans un bureau, prenez soin de fermer auparavant la porte (sauf chez Axa où cela devrait surprendre personne).

Petit jeu : prononcez ces noms à la brésilienne ! (solution dans une prochaine note)

- Bob

- Pop-Rock

- Boeing

Notez que l'histoire de "Ban'gué ban'gué" se passe au "faroeste" ! 

28/09/2005

Belo Horizonte (1)

Après ma ballade à la campagne au milieu des vieilles demeures coloniales, me voici de retour dans la jungle urbaine, le béton et les gratte-ciels. Belo Horizonte est la 3ème ville du Brésil après São Paulo et Rio, environ 4 millions d'habitants. BH (prononcer "bé-haga") est une ville récente, elle a été fondée à la fin du siècle dernier, et est une des premières villes planifiées du Brésil : ses rues se croisent à angle droit, avec de grandes traverses en diagonale, comme si on avait posé un grand damier incliné à 45 degrés sur un damier plus petit. Je m'attendais à y voir quelques beaux immeubles du début du XXème siècle, mais de fait, je suis déçu. De cette époque, on a conservé que des bâtiments officiels et des églises de style néo-gothique, un peu kitches. Le reste a été impitoyablement rasé pour construire des immeubles de grande hauteur, à partir de la fin des années 50 et jusqu'à nos jours. Avec beaucoup de tours tartignoles du plus pur style 70. De temps en temps, on peu voir de petits immeubles de deux étages ayant échapé à la folie des hauteurs, mais ils sont tellement délabrés que cela fait pitié. Bref, c'est un peu moins moche que São Paulo, mais cela y fait beaucoup penser.

Un endroit agréable à visiter dans le centre est la Praça da Liberdade, avec quelques beaux bâtiments officiels entourant un parc ombragé. Mais aussi quelques mochetés réjouissantes dans le style de Niemeyer, comme cette grande barre de béton ondulante de la fin des années 50. Le parc municipal est également fort agréable, avec ses petits lacs et ses ponts de style japonais. Il y a quelques musées, mais rien de très excitant. J'ai visité le musée de minéralogie situé sur la Praça da Liberdade : c'est juste pour redire que le Minas Gerais est très riche en minerais de toute sorte, d'ailleurs c'est ce que veut dire son nom en Portugais ("Mines Générales").

En fait, la ville n'attire pas beaucoup de touristes. Je loge dans un hotel correct et bon marché, près de la gare routière (une adresse du Lonely Planet). Le soir, le quartier est un peu désert, mais dans le genre, j'ai vu pire (1). Le centre de l'animation nocturne est le quartier de Savassi, que pour l'instant je n'ai vu que de jour. Pour y aller, il faut prendre le bus. Aussi, pour la soirée de mardi, en quète d'un restaurant, je me suis rabattu sur la seule adresse proche de l'hôtel : le café Palhares. Si je n'avais pas vu l'adresse dans le très chic Guia 4 Rodas, je serais passé devant sans m'arrèter. C'est une espèce de boui-boui avec des carreaux de faïence fatigués et des tabourets fixes très inconfortables. Mais le guide disait que c'est l'endroit réputé pour manger un caol. Alors j'ai commandé un caol.

Le caol est un plat qui constitue la quintessence de la cuisine mineira (du Minas Gerais) : rustique et roboratif. C'est que du léger et du diététique : riz, choux, oeuf sur le plat, haricots, farofa, couenne de porc grillée, plus une viande au choix (j'ai pris l'option "lingüiça", c'est à dire saucisse), le tout arrosé avec de la sauce tomate (facultatif). Le tout servi copieux, et pour un prix modique (4,90 R$, un peu moins de deux Euros). Même pas honte, j'ai tout mangé. Mais après, une petite cachaça n'était pas de trop. Voire, deux petites cachaças. C'est excellent, mais burp.

Ce matin (mercredi), j'ai fait une excursion jusqu'à un lieu que m'avait conseillé Everton, un des profs de l'association Bião (que je salue au passage) : la Praça do Papa. Ce lieu ne figure pas sur les guides touristiques, aussi il mérite une description et un commentaire interressant. On y arrive en prenant le bus qui va jusqu'au parc de Mangabeiras (le 4103). Le bus monte fortement pour arriver dans les 1000 mètres d'altitude (Belo Horizonte est dans les 800 mètres). Et progressivement, les tours de béton s'estompent pour laisser place à un charmant quartier résidentiel. On peut y voir les plus belles baraques de BH, construites quasiment au flanc de la serra. Car après, plus rien : les montagnes se dressent quasiment à la verticale et impossible de construire. La ville s'arrête brusquement, comme si on avait tiré un trait. On peut encore monter un peu à pied jusqu'à un belvédère situé à plus de 1100 mètres, juste derrière le Palacio das Mangabeiras, le très chic palais du gouverneur de l'état. De là, on a une vue imprenable sur tout BH, on peut admirer la forêt de gratte-ciels qui s'étend sur des kilomètres.

Les barraques du quartier ne sont pas du genre favelas, même si je ne suis pas un fan de ce style d'architecture moderne qui fait un peu tape à l'oeil. On admire, mais on ne touche pas : toutes sont protégées par des barrières éléctriques de 10 000 volts et des caméras de vidéo-surveillance. Les bourgeois peuvent dormir tranquille.

Je pense encore rester au moins deux jours à BH car il me reste quelques excursions à faire dans les environs et quelques adresses de restau à tester.

(1) Voir notes sur Belem, du mois de juillet (section "Archives")

26/09/2005

Congonhas

Après São João del Rey, me voici à Congonhas, à 70 kilomètres au sud de Belo Horizonte, où je fais étape seulement une nuit. L'intérêt majeur de la ville est la basilique, devant laquelle se trouve le chemin de croix et les statues des douze prophètes, qui sont l'oeuvre maitresse du plus célèbre des sculpteurs brésilien : Antonio Francisco Lisboa, plus connu sous son surnom "l'Aleijadinho" (le petit estropié). Atteint par la lèpre, il perdit ses deux mains à l'age de trente ans, mais continua à sculpter jusqu'à 80 ans avec des ciseaux attachés à ses avant-bras. Il a participé à la décoration de nombreuses églises du Minas Gerais, dont la fabuleuse façade de l'église São Francisco de Assis à São João del Rey.

Je suis descendu à l'hotel Colonial, qui comme son nom l'indique est installé dans une belle demeure de style colonial, qui plus est située à deux pas de la basilique. Et pour le même prix, j'ai eu une chambre avec vue imprenable sur la basilique, le chemin de croix et les douze prophètes. C'est pas tous les jours qu'on peut avoir la vue sur un site inscript au Patrimoine Mondial par l'Unesco, alors j'en profite. Surtout que l'hôtel est bien vide : j'ai l'impression d'être le seul client. Dans un rayon de deux cent mêtres autour de l'hôtel, on trouve les deux restaurants conseillés par le Lonely Planet et le Guia 4 Rodas, ainsi que l'autre curiosité de la ville : la Romaria, un édifice circulaire de style colonial qui servait autrefois à loger les nombreux pélerins qui viennent ici pour la fête du 7 au 14 septembre. En fait, l'édifice date de 1991, mais a été reconstruit à l'identique de ce qu'il était dans les années 40. Il avait été démoli pour construire un hotel de luxe, mais ça n'a pas marché. 

La Romaria abrite un musée de minéralogie fort intéressant : depuis trois siécles, on extrait ici tous les minerais possibles et imaginables A commencer par l'or, la région en regorgeait mais les filons sont désormais épuisés. L'industrie minière fait encore vivre 200 000 personnes de nos jours dans toute la région. Et quand on a vu la basilique et ses sculptures, la Romaria et son musée et les deux restaurants, et bien ...  On a tout vu. Le reste de la ville est très curieusement d'une extrème banalité, voire moche. Comme la basilique est située sur une hauteur, on peut voir toute la ville, qui ne comporte visiblement que deux autres monuments anciens, l'église principale (la "matriz", comme on dit au Brésil) et la mairie (la "prefeitura"). Le reste est du tout venant, murs en parpaings sur armature en béton. Triste. Et comme j'ai la flemme de descendre en ville, qu'il y a Internet à l'hôtel et que l'autre restau est ouvert ce soir, et bien je flemmarde.  

Quand je n'ai rien d'autre à raconter sur ce blog, j'en profite en général pour raconter les dernières nouvelles sur les télénovelas. Depuis aujourd'hui 26 septembre, la Globo rediffuse pendant l'après-midi, dans "Vale a pena ver de novo" (1), un de ses plus grands succès : "Força de um desejo". Une grande saga en costume d'époque (celle des barons du café, au XIXème siècle), avec de l'amour, de l'aventure, de la trahison, de la vengeance, etc. Avec le beau Fabio Asuncion, le chéri de ses dames, et la belle Sonia Braga en actrice invitée. Bien entendu, j'ai jeté un coup d'oeil, même si je ne vais pas regarder tous les jours, j'ai pas que ça à foutre, nom de D... Quand je serai riche, j'achèterai une fazenda comme celle qui sert de décor à la novéla.

Dans Alma Gêmea, tous les jours sur la Globo à 18 heures, les décors sont très jolis aussi, mais là, c'est tout du toc : la petite ville (fictive) de Roseiral, où se situe l'action, a entièrement été créée en studio, dans les locaux de la Central Globo de Production, à Rio. Pour l'action en elle-même, cette andouille de Rafael commence enfin à se douter que cette s... de Cristina lui a tendu un piège pour faire échouer son mariage avec Serena. Mais c'est trop tard, car ce qu'on voyait venir de loin est arrivé : à force de lui tourner autour, Hélio a fini par embrasser Serena et lui déclarer sa flamme. Serena résiste pour l'instant, mais pour combien de temps ? Après tous, ils ont le même age, et elle pourrait bien finir par le préférer au vieux. Quoique Rafael est pas mal conservé pour son âge : il faut dire qu'il n'a pas pris une ride en vingt ans, ou alors les maquilleurs de la Globo sont vraiment des feignasses. Même chose d'ailleurs pour Cristina, et là on y croit pas du tout. L'actrice qui joue le rôle à 31 ans ! Entre nous soit dit : j'aime mieux la vieille.

Dans Essas Mulheres, tous les jours à 19h15 sur la Record (jusqu'au 15 octobre, hélas, c'est bientôt fini), les décors ne sont pas du toc (voir note précédente), mais coté action, ils poussent un peu aussi. Pedrinho, le jeune frère d'Aurelia, a décidé de s'enfuir de la maison avec son amoureuse Ana, car elle doit être mariée contre son gré au lieutenant de police. Et les voila qui s'embarquent pour le quilombo, avec pour tout bagage une couverture et un paquet de biscuit. Un quilombo, c'est un refuge pour les esclaves échappés, le plus proche de Rio est à au moins 100 kilomètres, en pleine forêt vierge et dans un endroit en principe secret. Ils marchent donc cheveux au vent avec leurs chaussures cirées, dorment à la belle étoile en se bécottant, ne transpirent pas et n'ont même pas d'ampoules au pieds. Pour corser le tout, la soeur d'Ana, Lucia (la p... au grand coeur), décide de partir à sa recherche, accompagnée de son amant Paulo, et aidée par le noir Martins, qui lui connaît bien la route du quilombo. Lucia n'a même pas pris le temps d'enlever ses brillants et ses bottines. Bien entendu, Pedrinho et Ana se perdent, mais miracle ! Tout le monde se retrouve au quilombo, sain et sauf. Lucia et Ana ont l'air de sortir de chez le coiffeur, Pedrinho et Paulo sont rasés de frais, tout est beau. Du coup, le quilombo semble le dernier endroit à la mode, le Club Med n'ayant pas encore été inventé.

Pendant ce temps là, je rappelle que Fernando (le malheureux époux d'Aurelia) avait reçu une balle en plein coeur et s'en était quand même sorti. Profitant du désordre qui régnait à la fin de la manif contre l'esclavage, un des domestiques l'avait transporté jusqu'à la demeure d'Adélaïde. Voilà donc Fernando avec une balle dans le coeur, dans le lit d'Adélaïde, la fille qui lui tourne autour depuis le début sans succès. Bien entendu, cette dernière profite de l'aubaine. Après avoir appelé un chirurgien pour faire extraire la balle (qui est passée en fait à un doigt du coeur), Adélaïde maintient le pauvre Fernando dans le coltard en le droguant, et en profite pour se livrer sur lui à des caresses impudiques (ne vous emballez pas, on ne voit rien de choquant, la novéla est diffusée à 19h15 et les enfants peuvent regarder sans souci). Mais tout est bien qui fini bien : Aurelia, avec l'aide d'Alfredo, finit par l'arracher des griffes de cette s... d'Adélaïde et le ramener à la maison de sa maman pour une convalescence bien méritée. Pas question de le ramener directement chez Aurelia : je rappelle que l'ignoble oncle Lemos a pris possession des lieux, et bien entendu il ne peut pas blairer Fernando.

La dernière de l'oncle Lemos : comme il trouve que ça commence un peu à durer pour mettre la main sur le pognon d'Aurelia (cela ne fait que 73 épisodes), il décide de monter une société écran avec l'aide d'un investisseur anglais bidon pour faire transférer la thune par un système de fausses factures. On se demande où les scénaristes de la Record vont chercher tout ça. Dans l'actualité, peut être ?

(1) "Ca valait le coup de le voir de nouveau", tous les jours sur la Globo. Voir la note sur la télévision brésilienne que j'ai écrite au mois d'août, dans la section "Archives" de ce blog.

25/09/2005

São João del Rey (2)

Avant-hier vendredi, j'ai fait une des plus délicieuses excursions de ce voyage : la promenade en train jusqu'à Tiradentes. J'ai commencé par prendre la Maria Fumaça, à la gare de São João del Rey. Je rappelle que la Maria Fumaça est un petit train à vapeur (voir notes sur São Lourenço). Le billet de train donne droit à la visite du musée ferroviaire, très interressant. On peut y voir plein de vieilles locomotives, installées dans une rotonde qui sert de dépot : au centre, il y a un imposant mécanisme tournant, permettant de choisir n'importe laquelle des locos, pour la mettre sur les rails et la faire sortir du dépot.

La loco qui tire le train est une Baldwin de 1881, mais qui pète encore le feu, au propre comme au figuré. Lancée à pleine vitesse, en descente, elle fait du 25 kilomètres heures. On a bien le temps de regarder passer les vaches dans les champs. Précision technique qui interessera surement les spécialistes : la ligne de chemin de fer jusqu'à Tiradentes est la seule au monde encore en activité avec des rails de 76 centimètres de large. C'est vraiment "le petit train". C'est un vrai plaisir que d'entendre la cloche qui sonne le départ, le gros tchou-tchou de la vapeur qui sort à pleine pression. C'est attendrissant, on a un peu l'impression d'avoir affaire à un être vivant, un animal familier. Le TGV va quinze fois plus vite, mais ce n'est vraiment qu'une grosse machine.

En arrivant à Tiradentes, on peut assister à la manoeuvre de retournement (expression qui me fait irrésistiblement penser à la fusée de Tintin dans "Objectif Lune"). En effet, contrairement à la Maria Fumaça de São Lourenço, celle-ci tire le train en marche avant lors du retour à São João : il faut donc la retourner. Il y a donc un gros mécanisme tournant sur laquelle on place la loco (comme celui de la rotonde évoquée plus haut), qui permet de la remettre dans le bon sens. Une fois la loco retournée, elle fait quelques manoeuvres en passant par un aiguillage et va se rattacher au wagon de queue, qui du coup devient le wagon de tête. J'espère que vous avez compris ces explications fumeuses comme du charbon de bois.

La ville de Tiradentes est un pur délice. C'est une des cités coloniales les plus préservées et les mieux restaurées du Brésil. Il n'y a ici quasiment aucune faute de goût : même la gare routière est de style colonial (enfin, imitation). Se ballader dans les rues est comme faire un voyage dans le temps : dans certaines rues, ce n'est même pas la peine d'enlever les signes de la modernité comme les enseignes de boutique ou les fils éléctriques, on peut prendre l'image telle qu'elle était au XIXème siècle. C'est donc avec une grande logique que la cité a été choisie pour tourner les scènes extérieures de la télénovela "Essas mulheres", dont je crois avoir parlé une ou deux fois sur ce blog (consultez la section "Archives" au hasard, et vous tomberez dessus rapidement). Maintenant que j'ai visité la ville, j'apprécie encore plus les scènes d'extérieur : dans l'épisode d'hier, par exemple, on pouvait apercevoir la magnifique fontaine publique de 1749. Je précise que l'action de la novela se passe à Rio au XIXème siècle, mais qu'il serait difficile de trouver de nos jours des extérieurs comparables dans la "Cidade maravilhosa" (Rio possède quelques joyaux de style baroque, mais bien dillués dans un océan de béton).

Hier samedi, j'ai essayé de nouveau de visiter le musée d'art sacré de São João, mais renseignement pris, il est "fechado para reforma" (1). Je me suis donc rabattu sur le mémorial Dom Lucas Moreira Neves, qui fut un des cardinaux brésilien les plus admirés. Après sa mort en 2002, la splendide maison de style colonial où il résidait, en face de l'église principale, a été transformée en musée. Je suis ensuite allé faire une excursion de courte durée jusqu'à Prados, à 26 kilomètres d'ici. De courte durée, car le dernier bus rentrant sur São João à 14 heures, je ne disposais que de 45 minutes pour visiter la ville. Ce qui est largement suffisant, même si j'aurais apprécié pouvoir rester au moins une heure de plus pour casser la croûte. Prados est une ville d'artisanat (objets en bois), mais elle possède également un remarquable petit ensemble d'architecture coloniale, blotti autour de l'église. L'unité architecturale de la ville est certes moins parfaite que celle de Tiradentes, mais les quelques belles demeures sont heureusement très bien restaurées.

En rentrant, après avoir cassé la croûte au Villeiros (voir note précédente), j'ai visité le Memorial Tancredo Neves. Tancredo Neves a été le premier président démocratiquement élu après la période de dictature des militaires (1964-1985), et est natif de la ville. Il n'est malheureusement resté président que deux mois, car il est décédé peu après, terrassé par la maladie. Il avait une réputation d'incorruptible. Ce n'était pas le cas de son successeur José Sarney, un sacré filou. Les brésiliens n'ont pas de chance avec leurs présidents, que ce soit Fernando Collor ou Fernando Henrique Cardoso, quasiment tous ont été démis de leur fonction pour corruption. Quant à Lula, il faut savoir que sa popularité est actuellement en chute libre : son taux d'approbation est quasiment passé sous les 50 %, bel et bien rattrapé par les affaires de corruption. Qui sait, s'il avait vécu plus longtemps, Tancredo Neves aurait également été victime de cette malédiction.

Depuis le matin où on pouvait entendre de partout des crépitements de pétards, je savais que ce samedi serait le point culminant de la fête de Nossa Senhora das Mercês, qui dure jusqu'à ce dimanche. Samedi soir, j'ai eu la chance de pouvoir assister à la procession de Nossa Senhora, portée par quatre bonshommes et suivie par une foule nombreuse, jusqu'à l'église qui porte son nom (Nossa Senhora das Mercês), en haut de la ville. C'est un spectacle de toute beauté : les notables sur leur trente-et-un portant des chandeliers d'argent, Nossa Senhora dans ses plus beaux habits, les rues et les églises baroques toutes illuminées et les cloches qui sonnent à toute volée. Afin de participer, modestement et à ma façon, je suis allé acheter une brochette et une Skol au buffet de la paroisse. En arrivant sur la place, Nossa Senhora est accueillie par une débauche de feux de bengale, suivie de prières auxquelles tous les fidèles participent, les bras tendus vers elle. Personnellement, je ne pouvais pas participer : j'avais déjà ma bouteille de Skol dans une main et mon verre dans l'autre.

Comme au Brésil, le sacré et le profane sont souvent mêlés, la procession se concluait par un magnifique feu d'artifice et un show de MPB (rappel : música popular brasileira). J'ignore combien de Reais (2) sont partis en fumée lors de ce feu d'artifice, mais la paroisse a du vendre un certain nombre de brochettes et de Skol pour le financer. Il valait largement celui d'un 14 Juillet dans une ville moyenne de province, en France. São João compte environ 80 000 habitants.

Nous sommes dimanche, et je reste à São João jusqu'à demain où je me rendrai à Congonhas, sur la route de Belo Horizonte. Ce matin, je suis allé faire un petit tour à la messe. Rassurez-vous, je n'ai pas subitement attrapé la vocation en passant derrière un pilier d'église : il se trouve que le dimanche matin à 9h15, dans la sublime église São Francisco de Assis située non loin de ma pousada, la messe est accompagnée d'un orchestre et de choeurs de musique baroque. Je ne suis pas resté longtemps, car entre deux morceaux de musique, le padre fait un long sermon en portugais : c'est bien une messe, pas un concert !

J'ai oublié de dire que j'ai réussi à en savoir plus sur la Casa do Padre Gustavo, la magnifique demeure à vendre dont je parlais dans la note d'hier. J'ai fini par trouver l'agence qui la met en vente, bien planquée au fond d'une galerie du centre-ville, entre un atelier de couture et une boutique de tampons (et encore, c'est une des meilleures de la ville). Pour le prix, j'exagérais un peu, mais à peine : elle est en vente à 650 000 R$ (environ 240 000 Euros au cours actuel). La surface habitable est d'environ 450 mêtres carrés et le terrain autour, avec des arbres magnifiques et exotiques, d'environ 2500 mêtres carrés. Toute mes excuses aux heureux habitants d'Aulnay-sous-bois, ils peuvent pour le même prix s'offrir un splendide pavillon (enfin, je crois).

(1) Je ne prend même plus la peine de traduire, se reporter à la section "Archives"

(2) Un Real, des Reais : le Real ne cesse d'augmenter, il faut actuellement environ 2,75 Reais pour un Euro

22/09/2005

São João del Rey (1)

A l'intention de mes fidèles lecteurs, je signale d'abord que j'ai complèté la note précédente, concernant São Tomé das Letras, "le portail vers l'Infini", comme le dit la plaquette de l'office du tourisme local. A lire absolument, en prenant soin d'allumer auparavant un baton d'encens pour se mettre dans l'ambiance !

J'ai quitté São Tomé mardi matin et j'ai fait une escale à Très Corações, car j'avais trois heures de correspondance pour le bus. J'en ai profité pour manger et aller voir la principale attraction du lieu : la statue de Pelé. Très Corações est en effet la ville natale d'Edson Arantes do Nascimento (de son vrai nom). C'est le propre des rois d'avoir droit à une statue de leur vivant, et c'est bien le cas du Rei Pelé ! Le roi, 65 ans aux fraises, est revenu récemment dans l'actualité, mais malheureusement pas pour le football. Son fils Edinho a été mis en prison pour traffic de drogue. Et lors d'une conférence de presse, on a pu voir le pauvre Pelé verser des larmes ! Ce qui prouve que c'est bien un être humain, en dépit des trois coupes du monde qu'il a gagné avec la Seleção, et des 1276 buts marqués pendant sa longue carrière.

En arrivant à São João del Rey (avec un y), j'ai enfin pu étancher ma soif de monuments historiques. La ville est magnifique, avec un centre presque entièrement bâti de belles demeures, de la période coloniale pour la plupart (XVIIIème siècle et XIXème siècle), mais aussi quelques belles baraques de la première partie du XXème, jusque dans les années 30. Le tout, en très bon état. J'ai pris le luxe de loger dans une pousada, la pousada Casarão, qui est comme son nom l'indique située dans une grande et belle demeure de la période coloniale. Admirablement restaurée et meublée avec goût, remarquablement propre et service attentionné, le tout pour le même prix que le Formule 1 de Tourcoing. La pousada est de plus située non loin de l'église São Francisco, un pur chef-d'oeuvre.

J'ai passé l'essentiel de ma journée à me ballader dans les rues et à prendre des photos. J'ai fait la pause déjeuner dans un excellent restaurant "ao kilo" (on paye au poids de ce qu'on mange, c'est la meilleure formule pour manger pas cher et varié), le Villeiros. Les restaurants ao kilo ne sont pas tous excellents (certains sont même franchement médiocres), et rarement situés dans un cadre sortant de l'ordinaire (c'est plutôt le genre cafétéria de centre commercial). Alors celui-ci est vraiment à retenir : on mange bien, pas cher, et en plus dans un cadre charmant, une demeure coloniale meublée avec goût. Je vais en faire ma cantine de midi pour mon séjour.

Aujourd'hui jeudi, j'ai continué ma ballade dans les rues de la ville. J'ai trouvé la maison à acheter, un casarão colonial tout restauré, cité comme une des plus belles demeures de la ville dans la plaquette de l'office du tourisme, avec un grand jardin, située dans la petite rue pavée de Santo Antonio entièrement bâtie de petites maisons du XIXème siècle, et situé juste à coté de la charmante petite chapelle Santo Antonio. Il s'agit de la casa du Padre Gustavo, qui était paraît-il célèbre pour ses herbes médicinales. Je vais me renseigner sur le prix, qui doit être à peu près l'équivalent d'un pavillon Merlin à Aulnay-sous-Bois.

J'ai visité également le charmant petit musée régional, avec plein de vieux trucs anciens dont une machine à écrire de l'époque préhistorique, et cet après-midi je visite le musée d'Art sacré. Enfin un programme culturel de haut niveau !

19/09/2005

São Tomé das Letras

Pour me rendre à São Tomé, j'ai pris le bus, et j'ai bien eu le temps d'admirer le paysage : presque trois heures pour faire 100 kilomètres entre São Lourenço et Très Corações ! Il faut dire que le bus a du s'arrêter une soixantaine de fois pour prendre et déposer des passagers. En fait, chaque fois qu'il y a une fazenda. Et comme c'est ici la campagne, il n'y a que des fazendas ... J'ai heureusement eu un bus immédiatement pour São Tomé, et encore une bonne heure pour faire environ 50 kilomètres.

En arrivant à São Tomé, on voit au loin d'immenses étendues blanches comme de la neige. Il s'agit en fait de carrières de pierre. Elles exportent par camions entiers sur toute la région et font la richesse de la ville. Comme la pierre n'est pas chère, on en use et on en abuse. Elle sert bien entendu à construire les maisons, ou à défaut à en faire un revètement de style rustique, ce qui donne à la ville un cachet particulier, un peu inhabituel pour le Brésil : on a parfois l'impression d'avoir des bâtisses moyennâgeuses, dans un pays où la plus ancienne construction a 500 ans et où la moyenne des barraques est plutôt du genre murs en parpaings sur armature en béton. Plus étonnant, on n'a pas hésité à recouvrir de pavage toutes les rues, et comme certaines des pierres ont une taille imposante, on a un peu l'impression d'être au Macchu-Pichu.

Atmosphère moyennâgeuse, évocation des Andes mystérieuses : si on ajoute que la ville fait partie des sept cités sacrées du Minas Gerais, selon les fondus de la Société Brésilienne d'Eubiose (voir note précédente), on comprend mieux pourquoi ce lieu est entourée d'une forte aura d'ésotérisme. Elle attire les mystiques, les allumés et les farfelus de tous poils (je pense me situer dans la dernière catégorie). On peut voir ici d'authentiques hippies : je pensais que l'espèce avait disparue avec le premier choc pétrolier et l'avènement du Disco, et bien non. Ils viennent sans doute ici pour s'imprègner du rayonnement sidéral attiré par le pouvoir énergétique des pierres. Un des rochers, présent dans le parc situé sur la colline qui surmonte la ville, a un nom évocateur : a Pedra da Bruxa (la pierre de la Sorcière). Quand il ne sert pas à réaliser des rites sataniques, il doit vraisemblablement servir d'antenne pour recueillir les messages envoyés par les soucoupes volantes, compte tenu de sa forme parabolique. Pour faciliter la communication avec l'espace interstellaire, on a même construit une "pyramide", en fait un genre de bunker qui sent la pisse et qui doit servir de repère à tous les clodos du coin, si j'en juge au nombre de cadavres de bouteilles de Brahma (la bière, pas le dieu hindou).

Pour en rajouter un couche, les restaurants et les magasins de souvenir portent également des noms choisis fort à propos avec un léger parfum de fumette : Le Cinquième élément, Le Règne des Mages, Le Seigneur des Anneaux, La boutique de la Sorcière, etc. Le tout avec une déco qui évoque les pochettes d'albums de Pink Floyd ou de Amon Düül, la grande époque du planant. Il y a même la pousada do ET, où on est accueilli par une réplique en céramique de l'extra-terrestre de Roswell (1). Bref, c'est un endroit très amusant, même si c'est plus comique que cosmique (ah, ah) !

Le paysage du Minas Gerais est extrèmement agricole et vallonné. C'est ici le royaume des vaches, qui produisent la majorité du lait qu'on consomme dans le pays. Mon père dirait : on dirait l'Auvergne. A quelques détails près : on voit de temps en temps des palmiers qui feraient une curieuse impression sur le plateau de Millevaches. On voit également de nombreuses plantations de café : si on y ajoute le lait, on a toute la matière première pour faire le bon café au lait qu'on boit le matin.

Lundi après-midi, j'ai fait une petite ballade pour aller voir une cascade (la cachoeira do Eubiose, décidément !). Chemin faisant, j'ai enfin résolu un mystère qui m'intriguait depuis mon arrivée dans le Minas Gerais, un mystère écologique et non cabbalistique cette fois. On peut voir partout dans les champs, au milieu des vaches, d'énormes monticules de terre qui ressemblent à des fourmillières. En tout cas, ce ne sont pas des taupinières, ou alors des taupes géantes, car certaines ont plus d'un mètre de haut ! J'ai eu l'occasion d'en admirer une de près, mais pas la moindre trace de fourmis. J'ai donc fini par faire ce que doivent faire tous le gamins : donner un coup de tatanne dedans. Pas de doute, c'est bien une fourmillière. J'ai détruit en un instant plusieurs semaines de travail de ces pauvres petites bêtes qui ne m'avaient rien fait. On ne voit rien en surface, mais dessous, ça fourmille (re, ah ah) !

La petite cascade est charmante, je l'ai prise en photo. En revenant, je suis quasiment tombé nez à nez avec un "cobra verde" (un serpent vert). La bestiole faisait quasiment son mètre de long, mais seulement deux centimètres d'épaisseur, et se déplace avec une agilité surprenante. J'en avais vus lors de ma visite du vivarium de l'institut Butantã, à São Paulo (voir notes précédent), et cela ne fait que confirmer mes impressions : en cas de morsure, on n'a guère le temps de réviser ses connaissances en herpétologie pour savoir si la bête est venimeuse. Je rappelle que l'herpétologie est la science des serpents, on enrichit son vocabulaire en lisant ce blog.

J'ai médis, il y avait bien Internet à São Tomé, mais c'était cher et ça marchait mal. J'ai donc complèté cette note de São João del Rey où je suis arrivé mardi soir.

N.B. J'espère que j'ai écris correctement "moyennâgeux", "accueillir" et "recueillir", j'ai pas mon Larousse, ni mon Robert

(1) J'espère développer dans une prochaine note une information qui n'a pas manqué de me titiller : l'affaire de Varginha, le Roswell brésilien !

18/09/2005

São Lourenço (2)

Ce mardi matin, j'ai poursuivi les activités culturelles en prenant le petit train à vapeur qui mène à Soledade de Minas, à 10 kilomètres d'ici. Il y a peu de trains de ligne pour voyageurs au Brésil, mais il y a de nombreux petits trains touristiques qui empruntent des tronçons d'anciennes lignes aujourd'hui désaffectées. Et quand la locomotive est à vapeur, le train porte un nom rigolo : c'est une "Maria fumaça" (une Marie fumée) ! J'ai donc pris la Maria fumaça. La vitesse de pointe de la Leopoldina (fabrication anglaise) est d'approximativement 25 kilomètres heures, elle fait les 10 kilomètres du trajet en environ 40 minutes (en plus, c'est du plat). Au départ, les gamins s'amusent à faire la course avec elle en vélo, et gagnent la course sans problème, même sans dopage.

Il y a une autre raison pour laquelle les gamins courent après le petit train, c'est que les passagers ont l'habitude de jeter de pleines poignées de piécettes et de bonbons. Une employée de la compagnie est passée pour dire que cela était dangereux, que cela pouvait causer des accidents, ce qui a eu pour effet de calmer un peu le jeu. Comme au Brésil, tout se passe en musique, il y avait bien entendu de l'animation : des chanteurs de musique sertaneja (1) avec leur guitare, et un rigolo en costume de caipira (2), avec un poule dans les mains, qui racontait des blagues que malheureusement je n'ai pas comprises. Le village de Soledade de Minas, terminus du train, n'est pas une capitale, et les deux activités principales sont la visite du petit musée ferroviaire et l'achat d'artisanat et de patisseries dans les petites échopes placées opportunément sur le quai. Pour repartir dans l'autre sens, la loco retourne à l'autre bout du train, et le tire en marche arrière sur les mêmes 10 kilomètres. Les passagers peuvent eux voyager en marche avant, il suffit d'incliner le dossier en bois dans l'autre sens. Ingénieux, non ?

L'après-midi, je suis aller voir la dernière curiosité du pays : le temple de la Société Brésilienne d'Eubiose. Cékoidon ? L'Eubiose est (selon la plaquette qu'on m'a remise) une synthèse de toutes les religions, qui promet que le prochain grand prophète arrivera au Brésil, qui est la Terre du Feu Sacré. Le temple de São Lourenço est un joli édifice de style néo-classique, décoré d'un méli-mélo de symboles empruntés à toutes les religions possibles et imaginables. Cela fait penser à un temple maçonique, le drapeau brésilien et le drapeau de la Franc-Maçonnerie (symbolisée par le compas) sont situés de part et d'autre de l'autel. Au dessus de l'entrée, on voit le symbole du du bouddhisme thibétain, le "Aum", qui est (selon le sympathique pépère qui gardait le temple et qui m'a remis la plaquette), la déclinaison orientale du principe de la Trinité, qui existe dans toutes les religions. Toujours selon leur théorie, les grands prophètes déjà connus sont des avatars du Christ Cosmique : qu'il s'agisse de Jésus, Moïse, Mahomet, Bouddha, Zoroastre, Lao-Tseu, Brahma (le dieu hindou, pas la bière), Akhénaton ou même Odin ou Hermes Trismégiste (3). Je suis un peu déçu, car ils ont oublié Gilbert Bourdin, le Messie Cosmoplanétaire, qui lors d'un combat intergalactique, a anéanti un milliard de lémuriens à coup de rayons laser. L'Eubiose entend également répondre à tous les grands mystères de l'Univers : le Saint Graal, le Macchu-Pichu, la réincarnation, les pyramides, les soucoupes volantes et le retour de Zidane en équipe de France. Bref, question ésotérisme, ils ratissent large. C'est un secte de doux-dingues, pas méchants pour deux sous, qui ont apparemment un peu abusé de l'eau ferrugineuse (voir note précédente).

J'aurai l'occasion d'en reparler, car je pars demain pour São Tomé das Letras, qui est selon l'Eubiose, une des sept cités sacrées du Minas Gerais. C'est surtout un trou de 3000 habitants, qui ne doit pas posséder le moindre cybercafé, alors je vais vraisemblablement faire relache le temps de mon séjour (agréable et buccolique, d'après ce que j'ai lu). Pour y aller, je vais passer par Tres Corações, la ville natale de Pelé. Football et mysticisme, c'est tout le Brésil !

(1) Musique populaire du Sertão, qui fait un peu penser à la Country

(2) Paysan : pantalon rustique, chemise à carreaux, foulard et chapeau de paille ébarbé

(3) Quand une ménagère déclare qu'elle possède un tupperware qui permet de conserver sa salade de tomate HERMETiquement close, elle fait de l'ésotérisme maçonnique à l'insu de son plein gré.

17/09/2005

São Lourenço (1)

L'arrivée dans le sud du Minas Gerais, venant de São Paulo, fait comme un choc. On quitte le béton et la pollution pour arriver dans le royaume des vaches et des vallons. La petite ville de São Lourenço, où je suis arrivé jeudi après-midi, est une ville d'eaux minérales, qui de plus ne comporte que très peu de monuments anciens. Vous vous demanderez donc sans doute, me connaissant, pourquoi j'y ai élu domicile. C'est simple, c'est la première étape après six heures de route depuis São Paulo, et la ville compte quelques attractions touristiques qui méritent un coup d'oeil, et que je vais vous narrer derechef.

Ce vendredi matin, j'ai commencé par visiter le parc des eaux. J'ai goûté à toutes les sources : les alcalines, les gazeuses, les ferrugineuses. Il ne faut pas abuser de l'eau ferrugineuse, c'est bien écrit sur le panneau : elle sert normalement à traiter les cas d'anémies sévères. Je n'en ai donc pas abusé, ni des autres non plus, bien qu'elles présentent moins de contre-indications. Le parc lui-même est charmant, mais malheureusement mal entretenu. On est loin du pimpant des parcs qu'on trouve en Europe. Il y a un petit lac où on peut faire du pedalinho (en français : pédalo). Comme je n'en rate pas une, j'ai donc loué un pédalo. La chaleur étant revenu, j'ai donc pédalé dans l'eau et sous le soleil, ce qui m'a fait éliminer immédiatement toute l'eau ferrugineuse que j'avais absorbé. Le volant est comparable à celui d'une formule Renault, l'éléctronique en moins : aussi petit, aussi sensible, mais beaucoup plus dur. Résultat, j'ai transpiré comme un veau et j'ai chopé une ampoule au pouce. La prochaine fois, je prendrai un pédalo à moteur avec direction assistée.

Dans le même registre, dans le plus pur style Bidochon, je n'ai pas résisté à emprunter le mini-téléphérique qui monte sur le petit sommet situé à l'est de la ville. La vue qu'on a d'en haut n'est pas extraordinaire. Histoire de me ballader un peu, je suis redescendu un peur pour voir le parc de la ville, qui ne compte guère que trois cages avec deux aras et deux petits singes tous mignons, mais qui ont l'air de s'emm... copieusement. Je suis donc redescendu par le téléphérique après cette excursion mémorable.

Je suis néanmoins indulgent, c'est une petite ville sympathique, calme et animée en soirée juste comme il faut, en raison de la présence de touristes, plutôt agés, il est vrai (c'est une ville d'eaux, je le rappelle). J'ai encore plein de choses passionnantes à faire demain et je ne manquerai pas de les raconter. Mais d'abord, quelques brèves concernant les novelas.

Dans "Alma Gêmea" (tous les jours à 18 heures sur la Globo), Cristina a monté un plan machiavélique pour faire échouer le mariage prévu entre Serena et Rafael. Elle a payé un vagabond pour aller embrasser Serena sur la bouche, juste au moment où Rafael se pointe. Et cet imbécile de Rafael, au lieu de s'apercevoir que c'est un coup monté, plaque aussitôt Serena et annule tous les préparatifs du mariage (la robe est pourtant déjà achetée, et tout et tout ...). Mais Cristina va encore plus loin : elle drogue Rafael et le met dans son lit. Une fois réveillé le lendemain, ce grand benet ne se souvient de rien, mais le mal est fait. La mêre de Cristina (encore plus ignoble que la fille) va aussitôt exiger de Rafael qu'il épouse sa fille (on est dans les années 40, on ne rigolait pas avec ces choses là, à l'époque). Et ce grand couillon de Rafael accepte ! Là, je trouve que les scénaristes de la Globo prenne un peu Rafael pour un c..., histoire de faire durer l'histoire. Il n'est pas précisé si la robe de mariée de Serena va être réutilisée pour pas gâcher, mais j'en doute. De toute façon, Serena n'a pas dit son dernier mot : elle a retrouvé l'homme qui l'a embrassée, et arrive à le mettre en difficulté, sans toutefois le faire avouer. Ce qui contrarie les plans de Cristina et de sa mêre, qui redoutent que Rafael finisse par se rendre compte de ses erreurs, et préparent une nouvelle vacherie pour mettre définitivement Serena hors de leur route. Et là, je me suis endormi, donc je n'en sais pas plus, il faut attendre demain. Mais j'ai quand même réussi à résumer grosso modo les cinq derniers épisodes.

Dans "Essas mulheres" (tous les jours à 19h15 sur la Record), ça commence à se corser grave. L'ignoble oncle Lemos a confié à Cunha, son associé (une belle tête de méchant aussi), la mission de faire arrêter le docteur Augusto, le médecin noir, en faisant prétendre qu'il s'agit d'un esclave évadé ! Je rappelle que l'action se situe vers 1870. L'oncle Lemos est évidemment un esclavagiste enragé, et n'apprécie pas du tout que le journal de Fereira, la "Gazeta liberal", dans lequel il a réussi à devenir actionnaire, soutienne les abolitionistes. Alors quand le beau Fernando, qui est également journaliste à la Gazeta liberal, décide d'organiser une manifestation pour la libération du docteur Augusto et pour l'abolition, ça n'arrange vraiment pas les choses entre eux. D'autant plus que Lemos, qui a déjà tout fait pour foutre le bazar dans le mariage entre Fernando et Aurelia dans le but de mettre la main sur le pognon, vient ni plus ni moins s'installer dans la splendide demeure d'Aurelia, ce qui a bien entendu provoqué le départ de Fernando. L'oncle Lemos décide alors d'employer une solution radicale : faire assassiner Fernando. Tout à la fin de l'épisode d'hier, Fernando reçoit une balle en plein coeur alors qu'il était en train de faire un discours enflammé pour l'abolition de l'esclavage.

Alors là, je me suis dit, c'est cuit. Et ben non ! Fernando en réchappe, ça prouve qu'il est vachement solide et surtout qu'il faut faire durer encore quelques semaines. Je suis donc rassuré, je pense que ça va se terminer bien, et que l'affreux Lemos va finir par payer pour toutes ses bassesses, que je n'ai pas toute racontées, sinon j'y suis encore demain.  

Comme il ne faut pas pousser, j'ai renoncé à suivre "Os ricos tambêm choram" (1), tous les jours à 20h sur SBT. C'est quand que je vais manger, sinon ? D'ailleurs j'y vais de ce pas.

(1) "Les riches pleurent aussi". Tout un programme ! C'est diffusé depuis la mi-août et c'est paraît-il le "remake" brésilien d'une novela mexicaine des années 70.

15/09/2005

São Paulo, Liberdade (4)

Nous sommes mercredi soir, et hier soir j'étais invité à l'anniversaire de Mirian, que je connais grace au groupe Yahoo http://fr.groups.yahoo.com/group/Familles-Franco-Bresilie... , et qui fait partie de mes fidèles lectrices. Dans sa petite maison du quartier de Butantã, la "Casa do cipreste", nous avons discuté (beaucoup en français, attendu que la plupart des invités le parle couramment), en nous régalant de plein de bonnes choses. J'avais pour l'occasion tenté de me procurer du vin et du fromage français, mais j'ai partiellement renoncé en raison du prix exhorbitant de ces denrées ici : j'ai quand même trouvé un authentique Brie qui a eu beaucoup de succès, bien que je l'aie trouvé un peu fadasse. Excellente soirée, la compagnie était également délicieuse.

Lundi, après avoir fait les courses, j'ai visité le quartier de Bela Vista, appelé aussi Bixiga, qui est le quartier italien de la ville, ce qui se reconnait à la densité de restaurants de type cantina, où l'on sert des pâtes, bien entendu, mais curieusement, pas de pizzas. L'ai opté pour le Lazzarella dont la description dans le Lonely Planet m'avait atirée : on y mange effectivement une platrée de pâtes à un prix raisonnable, dans une ambiance délicieusement kitsch. Pour digérer, je suis allé faire un tour dans le quartier de Jardim Europa : c'est le top du nec plus ultra de la crème du dessus du panier de São Paulo. Ici il n'y a que des barraques superbes, des boutiques de luxe et dans un rayon de 500 m, les concessionnaires Ferrari, Porsche, Mercedes et Jaguar. Il y a dans ce pays des personnes qui peuvent se payer ce type de bagnole, et visiblement ils habitent tous le quartier.

Pour m'y rendre, j'ai pris un bus depuis le terminal Bandeira, un endroit que je me serais voulu de rater à São Paulo. Il s'agit d'un entrelac de viaducs, de pont et de voies pour véhicules et pour piétons, agencés avec la même logique qu'un plat de nouilles. On est en plein centre de São Paulo, et pourtant, à examiner les immeubles en béton qui cernent l'endroit, on a l'impression d'être au milieu de nulle part. Il m'est alors revenu en mémoire, en voyant cela, que Terry Gilliam s'était inspiré de São Paulo pour son film "Brazil". C'est vrai que Sampa est une ville de fous. Pour aller d'un point à un autre, on traverse des kilomètres de béton, allant du glauque au sans intérêt. Et parfois, on tombe tout à coup sur un endroit charmant, au moment où on s'y attend le moins.

Mardi matin, j'ai tenté de visiter le Musée d'Art Brésilien, mais j'ai fait chou blanc car il y a une exposition en cours de montage. J'en ai quand même profité pour jeter un coup d'oeil sur le stade de Pacaembu tout proche. Le grand stade de São Paulo est certes moins impressionnant que le Maracanã, mais vaut le détour. C'est le stade de résidence des Corinthians, tandis que l'autre club de São Paulo, le SPFC, est au stade de Morumbi (j'espère que je ne me trompe pas, sinon je vais me faire lyncher !). 

Je suis ensuite allé visiter l'institut culturel de la Caixa Economica Federal, situé Praça da Sé, dans les locaux du siège historique. La Caixa est à la fois la Caisse d'Epargne brésilienne et la Loterie Nationale, puisqu'elle organise les jeux de tirage et de grattage. Le neuvième étage, avec une vue imprenable sur la place, a été transformé en musée : on y voit le bureau du Président, la salle du conseil d'administration et tous les bureaux de la direction, figés dans l'état où ils étaient dans les années 50, avec les machines à écrire d'époque, les calculatrices mécaniques, les tailles-crayon et les papiers buvard comme autrefois. Très amusant et intéressant !

Ce matin (mercredi), je suis allé visiter le MAC (Musée d'Art Contemporain), situé sur le campus universitaire de Butantã. C'est vite visité, car les collections permanentes se limitent à deux salles, mais il y a quand même un Braque, un Matisse, un Picasso et un Modigliani (je crois que je n'ai oublié personne). Cet après-midi, je n'ai pas résisté au plaisir de retourner dans le quartier de Jardim Europa pour aller mater les barraques, mais je ne me suis pas renseigné sur les prix, car c'est dans la catégorie inabordable (même pour un étranger). De toute façon, je ne pense pas m'installer à São Paulo : après une semaine, j'ai les poumons déjà sévèrement encrassés aux oxydes de carbone. Et c'est un parisien qui parle. Il est temps d'aller se mettre au vert. Je quitte demain Sampa pour São Lourenço, une petite ville d'eaux qui sera ma première étape dans le Minas Gerais. J'espère également en remontant un peu vers le nord trouver un peu de chaleur, car depuis lundi le ciel est couvert et j'ai remis la petite laine.

 

 

11/09/2005

São Paulo, Liberdade (3)

Tout d'abord, je dois réparer une bourde particulièrement saugrenue que j'ai commise dans la note précédente. C'était en parlant de la nouvelle novela de la Globo. J'ai dis un peu rapidement que son nom etait "Vem aí". Cela me rappelle un blague qui était présente dans mon cours d'anglais de sixième, quand un couple d'anglais, roulant dans leur Austeen sur une route de France, voyaient un panneau "Gravillons", accompagné du panneau de la sécurité routière indiquant un rétrécissement de la chaussée, et pensaient qu'il s'agissait d'un vin francais. "Vem aí", ca se traduit par "Prochainement", et non pas par "Viens ici" ! Le nom de la novela de la Globo qui sera diffusée prochainement à 19 heures est : "Bang Bang" ! Et il n'y a pas besoin de traduction pour le titre, c'est toujours ca de gagné. Faute de Far West américain, la novela a été tournée dans le desert d'Atacama, au Chili. Cette précision n'était pas de trop pour réparer mon erreur de traduction particulièrement réjouissante.

Je reprend le cours de mon récit. Samedi, j'ai fait comme tous les paulistanos en fin de semaine : je suis allé au parc Ibirapuera (j'ai repris le guide pour écrire le nom, s'en rappeler nécessite un certain entrainement). Rien de très exceptionnel dans ce grand parc fort agréable, mais le beau temps est enfin de retour, et le thermomètre est aussitôt passé de 16 à 30 degrés, j'ai donc tombé la petite laine. J'ai visité le musée Afro-Brésilien qui est fort intéressant, et qui plus est gratuit.

Je suis passé en y allant devant un immeuble recouvert d'un immense drapeau français : il s'agissait du siège de la Fédération Spirite Brésilienne. Quelle est le rapport entre la France et cette secte de tourneurs de guéridon ? Cela mérite une petite explication. Le fondateur du Spiritisme est un certain Hippolyte Léon Rivail, plus connu sous le pseudonyme d'Allan Kardec. Sa tombe, située au Père Lachaise, fait l'objet d'un culte comparable à celle de Jim Morrison, et la plupart des brésiliens en visite à Paris ne manquent pas d'aller la voir. Allan Kardec est plus connu au Brésil qu'en France, et le spiritisme est considéré ici comme une religion à part entière. Les brésiliens sont bien un peuple très attiré par tout ce qui est religieux et mystique. Encore aujourd'hui dimanche, je suis passé devant une église (catholique romaine), et elle était bourrée à craquer, il y avait même du monde dehors en train de prier. Ceci pour dire que je n'exagérais pas dans ma note du 13 août consacrée à la Religion. 

Ce dimanche, j'ai visité l'institut Butantã qui est un peu l'équivalent de l'institut Pasteur, on y produit les serums et les vaccins pour tout le Brésil. Qui dit serum anti-venin, dit serpents, et on peut y voir plein de ces vilaines bébettes, derrière des vitres, heureusement. On reconnait un serpent brésilien vénéneux, je veux dire venimeux, par le fait qu'il a une fossette loréale, ce qui ne veut pas dire qu'il le vaut bien, mais qu'elle se situe entre les deux yeux. Toutefois, on a rarement l'occasion de regarder un serpent les yeux dans les yeux, surtout en cas de morsure. Donc quand j'irai me ballader en forêt, j'éviterai de marcher en tong et je ferai bien attention où je met les pieds.

Pour me déplacer sans São Paulo, j'ai finalement adopté le bus. Il est ici un peu plus cher que dans les autres grandes villes (2 reals le billet !), mais il est aussi trépidant. Une fois entré, il ne faut lacher prise sous aucun prétexte jusqu'à ce qu'on ait payé le prix au "cobrador" (receveur) et passé le tourniquet. Une fois assis, il est recommandé de rester accroché pour éviter de décoller du siège et de se retrouver sur les genous de sa voisine. Le nombre de bus et le nombre de lignes est démentiel, il faut connaître un minimum la géographie de la ville pour s'y retrouver.

Je reste à Sampa jusqu'à mercredi au moins : en effet, je suis invité mardi soir à un anniversaire. Plus de détails dans la prochaine note !

 

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