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31/05/2005

Porto Seguro (2)

Hier je suis allé voir les récifs de coraux de Fora. C'est un enchantement. On est à 40 minutes de la côte, donc en plein milieu de l'océan, et pourtant on a pied ! A condition bien sur d'avoir le bon horaire pour la marée, les récifs ne sont que sous 20 centimètres d'eau. On peut donc se ballader à pied en plein milieu de la mer ! C'est un spectacle inoubliable. Entre les coraux, la mer forme de vastes piscines naturelles dans lesquelles on peut nager. C'est autre chose que la piscine municipale de Courbevoie.

Le temps s'est amélioré, il a fait grand soleil la plus grande partie de la journée. Mais l'océan secouait quand même un peu. C'est donc une surprise supplémentaire que de se retrouver au calme au mouillage. Sur les récifs, l'eau est quasiment plate comme un lac, à peine quelques remous. Au loin, très loin, on voit les vagues qui viennent se briser dessus. C'est peut-être ça la définition du bonheur : être dans un endroit protégé de la fureur du monde, et le laisser se déchirer à l'horizon.

Pour ce qui concerne le monde extérieur, j'ai appris que le non l'a emporté au référendum. Youpi. Désolé. Bon, c'est pas tout ça, mais moi, j'ai des trucs importants à faire.

Aujourd'hui, nouvelle excursion à Santa Cruz de Cabralia, au nord de Porto Seguro. Cette excursion est originale, car elle permet de naviguer au milieu d'un paysage de mangue (1) protégé de l'océan par une barrière naturelle de rochers. On peut prendre un bain de boue, c'est un grand plaisir de pouvoir patauger tel un cochon moyen, et bien entendu, comme je n'en rate pas une, j'ai pris la photo du désastre. Prochainement sur vos écrans !

A part ça, la routine, cocktail exotique sur la plage, sieste en hamac et crème solaire sur le pif. Je n'ai même pas pris de coups de soleil, et j'ai un beau teint exotique couleur camarão (2). J'espére ne pas être pris dans un filet en pleine mer, je risquerais de terminer dans une pizza aux fruits de mer.

(1) Mangrove, végétation typique des pays tropicaux
(2) Crevette

29/05/2005

Porto Seguro (1)

Je suis arrivé à Porto Seguro vendredi vers minuit et demi et je me suis rendu immédiatement en taxi à la pousada Brisa do Mar, en plein centre. Ici les taxis n'ont pas de compteurs donc le tarif est à la tête du client, et un gringo qui arrive à minuit à la gare routière a une tête de pombo (1). Enfin, j'ai payé 15 R$ une course qui en vaut à peine 5 (2). C'est cher, surtout si on compare avec le prix d'une nuit à la pousada : 20 R$ ! Bon, d'accord, c'est pas le Ritz.

Porto Seguro est une ville balnéaire hyper-touristique, et pourtant c'est une ville très agréable. En effet, ici on a conservé et rénové les maisons du 19ème siècle, aussi il n'y a pas de constructions de plus d'un étage ! Pas de béton, pas de vulgarité, rien à voir avec les villes balnéaires que l'on peut voir en Espagne ou même en France dans certains coins.

La ville haute est un pur délice. Ici rien ne semble avoir bougé depuis que Pedro Alvarez Cabral est arrivé il y a cinq siècles avec ses caravelles. A part quelques boutiques de souvenir et d'artisanat. J'ai visité le musée de la ville dont le sujet principal est bien sur le Descobrimento, en français : la Découverte du Brésil par les portugais. En effet, les portugais sont très malins : ils ont bien roulés les espagnols lors du traité de Tordesillas en 1494. Rien ne laissait penser qu'il y avait des terres émergées à l'ouest du 35ème parallèle, les portugais auraient donc du se contenter de l'Afrique, et l'Amérique aurait du être entièrement espagnole.

Mais les portugais avaient apparemment des informations que les espagnols n'avaient pas. A ce propos, une information que j'ai lu dans le musée m'a laissé pantois. Selon son auteur, le mot Brasil serait d'origine incertaine ! L'origine admise quasiment par tout le monde est que ce mot vient de Pau Brasil, le bois qui faisait l'objet d'un commerce intense et qui a constitué la première ressource du pays.

Il y aurait une autre étymologie possible : le mot pourrait venir d'un terme irlandais (!) qui désignait une terre inconnue située dans les parages ... On en apprend tous les jours ! Les portugais auraient ils eu connnaissance de cette légende lors d'une soirée bien arrosée à la Guiness dans un pub de Dublin ? J'ai un doute, aussi je me contenterais pour l'instant de l'explication classique.

Seule déconvenue de la journée : il a fait un temps de cochon et mes chaussures sont trempées. J'ai donc étrenné mes nouvelles Havaianas qui ont l'avantage d'être amphibies.

(1) Volatile citadin commun que l'on peut plumer et manger avec des petits pois
(2) R$ = symbole du real, normalement on écrit R$ 15, mais je conserve l'habitude française

28/05/2005

São Matheus

Vendredi, en quittant Conceição da Barra, j'ai fait une étape un peu obligée à São Matheus. En effet, mon bus pour Porto Seguro ne partait qu'à 18 heures, et la correspondance à São Matheus arrivait à 13 heures. J'avais donc cinq heures pour visiter cette petite ville historique qui n'apparait sur aucun guide français et qui ne fait l'objet que de quelques lignes dans le Guia 4 Rodas (le Michelin brésilien). Autant dire que ce n'est pas très touristique.

J'ai commencé par casser la croute dans un buffet. Le prix est forfaitaire (R$ 3,5 = un peu plus d'un euro) et le jeu consiste à entasser dans l'assiette autant de nourriture que possible. Je manque d'entrainement mais les gens du coin sont très fort.

La visite du centre historique est assez vite fait. On commence par un petit musée historiques avec des meubles anciens. Puis on descend jusqu'au quartier de l'ancien port, qui a été rénové récemment. C'est un ensemble de maisons anciennes donnant sur une petite place pavée, avec en son centre une statue. Sur la place, un autre petit musée de souvenirs : le grand événement du coin a eu lieu en 2001 quand on a donné sur la place l'opéra "Os Guaranis" du compositeur Antonio Carlos Gomes, le Verdi brésilien. Ce jour là, la place était noire de monde. Pas aujourd'hui.

En remontant, il y a un dernier petit musée consacré à l'abolition de l'esclavage au Brésil. Le dernier bateau d'esclaves venant d'Afrique est arrivé ici en 1856. Il s'agissait d'une "cargaison" de contrebande de 350 hommes, le commerce d'êtres humains étant déjà interdit à l'époque. L'abolition elle même n'a eu lieu qu'en 1889.

On voit aussi dans ce musée une série de lettres signées par tout le gratin de la culture brésilienne : Jorge Amado, Chico Buarque, Carlos Drummond de Andrade, Darcy Ribeiro, João Passe e Des Melhores (1), demandant la rénovation du centre historique. Il y a des photos des années 70 ou l'on voit l'état dans lequel c'était : il y a eu beaucoup de travail fait et il en reste encore.

Tout ça pour dire que c'est assez vite vu. Comme il me restait encore (beaucoup) de temps, je suis allé chez le coiffeur. Je commençais en effet a avoir la même coupe de cheveu que le regretté John lennon. La dernière fois que j'ai payé moins cher, c'est quand Maman le faisait à la maison. Même chez Mouloud, à Gennevilliers, ça coute 4 fois plus cher.

Comme il me restait encore du temps, j'ai tenté d'aller dans un cybercafé, mais le seul de la ville à peu près correct était pris d'assaut par les jeunes : les filles qui chattent sur MSN, les garçons qui jouent au foot et à la guerre.

Et voilà. On s'occupe comme on peut !

(1) Transcription libre d'une expression française bien connue

27/05/2005

Conceição da Barra et Itaunas

Je suis arrive assez tard mercredi a Conceição da Barra, apres encore 6 heures de bus depuis Vitoria. Je pense que ce sera mon tarif minimum par la suite pour arriver à São Luis do Maranhão dans les temps. Ou alors, si je ne fait pas l'impasse sur certaines destinations, il faudra que je prenne l'avion à Salvador pour aller direct là-bas. La perspective de faire 30 heures de bus, même dans un leito (1), ne m'enthousiasme guère !

Conceição da Barra est une localité charmante, mais c'est surtout Itaunas et ses dunes qui méritent le voyage ! Pour aller à Itaunas, il faut emprunter une route non goudronnée. Comme il y avait eu la veille un orage gratiné avec des trombes d'eau, j'avais peur que le bus ne passe pas. Et bien, si. Pourtant, le bus qui va là-bas a du passer son dernier controle technique en 1979, et doit avoir une valeur marchande à la revente comparable à celle de ma regrettée 205 diesel (2). Le pépère qui conduit le bus est aussi fier que Ben-Hur sur son char et y a pas intérêt à être à coté quand il roule dans les flaques de boue. A un moment, j'ai cru qu'il allait nous faire descendre pour pousser, avec de la boue jusqu'aux mollets. Même pas. Xuxu beleza (3) !

La récompense est en arrivant. A Itaunas, il n'y a que des pousadas et des bars où danser le forro, autour d'une charmante petite place. En marchant dix minutes, on arrive aux dunes, et derriere les dunes il y a encore des bars où danser le forro, pile face à la plage. En ce moment, c'est un peu calme, mais au mois de juillet, en plein hiver, quand la température descend dans les 25 degrés, il y a le festival de forro. Et le forro, c'est chaud ! J'ai bien envie d'y retourner, mais je ne sais pas si je vais arriver à faire tout ce que je veux. L'angoisse m'étreint. Non, je déconne.

J'ai un peu abusé de l'ordinateur de la pousada car la maitresse de maison est bienveillante. Même ici, il y a l'Internet à haut-débit et ça marche au poil ! J'en ai profite pour commencer a transferer des photos sur mon yahoo mail, mais c'est quand même très long. J'ai ajouté un nouvel album sur le BLOG : paysages.

(1) Bus couchette, le top du confort
(2) Pour ceux qui ne le savaient pas, j'ai revendu ma 205 XRD après 15 ans de bons et loyaux services, à un garagiste spécialisé dans l'occasion qui a gentiment consenti à me la reprendre pour 350 euros
(3) Expression équivalente : les doigts dans le nez. Le xuxu est un fruit parfois appelé chez nous christophine. Pas facile à trouver au marché. Beleza, c'est l'interjection à tout faire. Alors xuxu beleza, c'est du gateau !

24/05/2005

Vitoria et Vila Velha

La route entre Cabo Frio et Vitoria est très agricole : vaches et canne à sucre. Ceci pendant six heures. A Vitoria, j'ai opté pour un hotel sur le front de mer, la plage de Camburi. Pour la première fois depuis le début de mon périple, je suis tombé sur un hotel complet ! Ca surprend. Je me suis rabattu sur un hotel type "appart-hotel", comme ils font des tarifs promotionnels en cette saison, ce n'est pas si cher que ça. Dans la chambre, on peut faire du roller ou loger un harem tellement c'est grand. Faute de roller ... C'est toutefois assez bruyant.

J'ai fait mardi matin l'ascension du Morro da Penha à Vila Velha, juste à coté, vue superbe sur la ville de Vitoria reliée par un grand pont à Vila Velha. Le site est un pélerinage avec les bondieuseries habituelles. Je n'ai pas fait l'ascension sur les genous, à pied c'est déjà suffisant pour se repentir de ses péchés !

J'ai également visité le centre historique de Vitoria mais c'est vite vu. Le beau temps est revenu. Demain mercredi je pars pour Conceição da Barra pour se reposer de la grande ville qui est un peu assommante.

Je suis moins loquace que d'habitude car mon ordinateur, il est tout pourri. C'est vrai. J'ai complèté cette note depuis Conceição da Barra.

22/05/2005

Cabo Frio, Buzios, Arraial do Cabo

Je suis arrivé samedi midi à Cabo Frio, il n'y a que trois heures de route depuis Rio en onibus. L'idée générale était de profiter des trois destinations touristiques du coin : Cabo Frio, Buzios et Arraial do Cabo. Comme il fallait attendre deux heures pour avoir un bus direct pour Buzios, j'ai opté pour Cabo Frio malgré le mal qu'en dit le Lonely Planet. Cabo Frio est la plus grande des trois villes et est mieux desservie, ce qui je pense sera un plus stratégique pour joindre la prochaine étape.

Force est de constater que le Lonely Planet a parfaitement raison. Cabo Frio est un trou déprimant, il n'y a même pas un cybercafé présentable, enfin je n'ai pas eu le courage de chercher. J'ai trouvé une pousada dont le prix sera vraisemblablement difficile à battre : 20 reais la nuit avec la télévision par cable, douche et waters dans la chambre, enfin c'est pas le Pérou question standing. Mais c'est à coté de la rodoviaria (1), donc demain lundi je me taille dès potron-minet.

Samedi aprés-midi j'ai donc pris un bus pour Buzios, à seulement 21 km. Pour cette distance, il met quand même une grosse heure. Buzios est une petite cité balnéaire absolument charmante, qui regorge de pousadas de charme. Je suis allé à pied jusqu'à la magnifique petite plage d'Azeda, où j'ai passé l'essentiel de mon temps à boire un coco gelado à la paille et à grignoter des brochettes de camarões grillés absolument délicieux pour un prix qui ne permettrait même pas d'acheter un carambar à Deauville.

J'ai ensuite remonté la plage dans le but de trouver la seule attraction culturelle du lieu : la statue de Brigitte Bardot. C'est en effet notre BB nationale qui a lancé la station du temps où elle était jeune, belle et qu'elle ne disait pas de c... Brigitte avait à l'époque un namorado (2) brésilien dont j'ai oublié le nom. Buzios est ainsi un peu le Saint Tropez de Rio, il parait que la vie nocturne y est assez agitée.

Mais malheureusement j'ai du me coltiner une heure de bus pour rentrer à Cabo Frio, où en guise de soirée top-délire, j'ai mangé un hot-dog sur le quai, les chariots ambulants en constituant la principale attraction. Il y avait bien un bar à coté de la gare routière qui gueulait de la musique de jeunes jusqu'à 3 heures du matin, l'heure où j'ai ouvert un oeil et j'ai eu de la peine à le refermer, mais bon, quand la soirée est ratée ...

Pour couronner le tout, il fait aujourd'hui dimanche un temps de chiotte qui tranche avec le temps magnifique que j'ai eu jusqu'ici. J'ai tenté de sauver la journée en me rendant à Arraial do Cabo comme je l'avais prévu, mais j'ai passé le plus clair de mon temps dans le cybercafé à raconter les ventures que vous lisez en ce moment, fidèles lecteurs.

Demain je pars pour une longue étape jusqu'à Vitoria (Espiritu Santo).

(1) Gare routière
(2) Petit ami

21/05/2005

Rio (suite)

Ce vendredi 20, j'ai pas mal arpenté les quartiers de Catete, Gloria et Centro. Je comptais visiter le Museu da Republica, l'ex Palais présidentiel avant le déménagement de la capitale à Brasilia. Malheureusement, les fonctionnaires de l'IPHAN (équivalent des Monuments Historiques) sont en grève ! Donc aucune visite possible avant que le président Lula ne donne satisfaction aux justes revendications d'une catégorie de travailleurs, etc.

Faute de musées, je me suis livré à une de mes activités favorites : la marche à pied. Pour répondre à ceux qui pensent que je passe mon temps à picoler, ou autres activités de débauche, non mais ! En plus, faire du trekking urbain à Rio consomme beaucoup de calories. L'air qu'on y respire n'est en revanche pas des plus sains.

Je me suis renseigne également pour l'achat d'immobilier résidentiel, un autre de mes dadas. On peut acheter un studio à Rio, dans les quartier centraux et bien famés comme Catete, Gloria ou Santa Theresa, pour un prix de départ compris entre 10000 et 20000 euros. Mais pour ce prix là, il semblerai qu'il soit difficile de trouver dans un immeuble cossu avec vue sur le Pão de Açucar (1). De plus le marché semble assez étroit : peu de demandes, peu d'offres. En revanche les offres abondent à des prix minimes (comparé à Paris !) dans les quartiers excentrés et résidentiels comme Recreio das Bandeirantes, où habite Leonardo, le frère de Lamartine.

Ce qui m'améne à faire une transition subtile sur la soirée que j'ai passée vendredi soir. Leonardo m'a emmené faire la tournée des grands ducs à Santa Theresa, le Montmartre de Rio. Leonardo a vécu dans le quartier et quand il arrive dans son bistro favori, l'Armazen São Thiago, il connait tout le monde. Nous avons donc bu quelques bières en dégustant différents petiscos (2).

J'ai gouté un fromage brésilien fumé, copie du Provolone italien, qui est excellent. Le bon fromage brésilien existe donc bien. Le fromage brésilien ne se limite donc pas aux tranches de simili cheddar que l'on consomme usuellement au petit déjeuner, et encore moins à l'infame Catupiry dont j'aurai peut être l'occasion de reparler un jour où je n'aurai rien d'autre à faire. J'ai également gouté un beignet d'Acarajé, spécialité typique de Bahia. C'est le genre MACH 1,2 (3).

Nous avons ensuite changé de lieu en nous rendant sur une petite place fort sympathique ou on peut continuer à boire et à manger en plein air, avec la vue sur Rio, en se ravitaillant de temps en temps dans les petits chariots des vendeurs ambulants. C'était vraiment très sympa.

J'ai quitté Rio samedi matin parce que j'ai encore de la route à faire jusqu'à São Luis do Maranhão ou je dois être au plus tard le 24 juin, pour le coeur de la fête Bumba Meu Boi. J'aurai bien entendu l'occasion de revenir à Rio plus tard pour profiter davantage de la ville.

(1) Le Pain de Sucre, en VO
(2) Trucs à grignoter avec l'apéro
(3) Blague qui ne fera rire que Papa, Maman et Nanène

20/05/2005

Je suis à Rio !

J'ai quitté ce matin Ilha grande en prenant le bateau en direction de Mangaratiba, avec connexion directe pour Rio par minibus, qui vous dépose à l'hotel de votre choix, la formule luxe. Quoique le bateau était un ancien chalutier reconverti en trimballe-touristes, folklorique donc.

L'arrivée par la route dans la Cidade Maravilhosa est l'occasion de constater que le Brésil n'est effectivement pas un pays qui roule sur l'or. Des kilométres et des kilométres de bidonvilles et d'immeubles délabrés, sans le soleil, ça serait déprimant. Avec, c'est instructif. Tout à coup, au moment où on s'y attend le moins : paf, un Carrefour (prononcer : Karéfourch').

Le quartier de Catete où se trouve mon hotel est en revanche du meilleur aloi. Je connais encore mal Rio, je n'y suis resté que trois jours la dernière fois et je crois que je n'avais pas mis les pieds dans ce quartier. J'avais peur de tomber sur un quartier miteux dans un hotel craignos : ce n'est pas le cas. L'hotel Imperial est un trois étoile à la décoration un peu datée, mais fort confortable. Il y a même une piscine ! J'en ai profité pour piquer une tête, je n'aurai peut-être pas ce luxe dans un hotel de Rio la prochaine fois. Juste à coté du Museu da Republica, il y a un charmant parc où j'ai fait quelques photos.

Demain, je vois Leonardo, le frère de Lamartine, mon professeur de portugais et qui plus est excellent ami.

18/05/2005

Ilha Grande

Vila Abraão est le point de chute principal pour Ilha Grande. Cette ile est un veritable petit paradis, garanti 100% pur écolo, sans oxydes de carbone et sans micro-particules, et pour cause : y a pas de bagnoles. Les taxis du coin sont des chariottes à roulette, ça coute a peu près comme les vrais mais c'est beaucoup plus folklorique.

Sachant que Angra dos Reis (la ville en face, sur le continent) est un point de chute pour la jet-set internationale, je m'attendais à un endroit cher et snobinard. Pas du tout, c'est même un coin pépère avec ses vieux qui jouent au carte au bord de la plage et de sympathiques toutous de rue au pedigree indéterminé, moitié batard, moitié clébard. Visiblement, ils sont nourris avec ce qui tombe des assiettes des touristes. Sur les quais, ambiance Woodstock, avec des genres de hippies qui jonglent et qui vendent des objets d'artisanat rigoureusement indispensables.

Mais il est vrai que ma copine Naomi Campbell (une habituée des lieux, parait-il), ne descend surement pas à la Pousada dos Meros, 50 reais la nuit avec venteador de teto (1) et petit déjeuner. Je ne sais pas où elle descend, d'ailleurs, il faudra que je relise Paris Match et Gala, ou plutôt leurs équivalents brésiliens, "Caras" ou "Que acontece ?".

Le 17, j'ai fait une randonnée de trois heures et demi sur une piste sauvage qui monte jusqu'à 200 m d'altitude, mon maximum phusique compte tenu des 33° de température ambiante. Je suis arrivé à la Plage Lopes Mendes, une des plus belles du Brésil, très peu fréquentée en cette saison. L'eau y est d'une limpidité absolue et le sable d'une blancheur immaculée. Je suis resté quasiment deux heures à regarder la mer, assis à l'ombre en grignotant des trucs vendus par les marchants ambulant, dont une excellente salade de fruits, idéale par cette chaleur. De l'autre coté de l'Atlantique, à des milliers de kilométres, il y a des types qui travaillent le lundi de Pentecôte. J'ai de la peine pour eux. Non, je déconne.

Pour rentrer à la pousada, j'ai pris le bateau de 15h30 qui faisait le trajet inverse par la mer, en cinquante minutes et pour un prix dérisoire. C'était donc juste pour la beauté du geste que j'ai transpiré comme un veau pour y aller. Et pour prendre des photos quand même.

Le 18, j'ai pris directement le bateau pour aller jusqu'au site appelé Lagoa Azul, ou l'on peut de nouveau plonger au milieu des poissons. Je ne m'en lasse pas. En revanche, cela fait maintenant 3 semaines que je parle portugais jour et nuit (je rêve en portugais !) et cela a une conséquence inattendue : je ne sais plus parler anglais. Sur le bateau, il y avait essentiellement des jeunes gens et des jeunes filles d'origine anglo-saxonne, dont une charmante californienne qui me posait des questions dans sa langue natale. Si je comprenais fort bien ce qu'elle disait, en revanche, je m'obstinais à lui répondre en portugais, impossible de sortir un traitre mot dans la langue de Shakespeare et de Mister Bean. Affligeant. Mais ce n'est pas bien grave : si la langue anglaise est parfaite pour la rédaction de notices techniques d'ordinateurs, elle se révèle impropre à la Bossa Nova.

Coté technique, il y a quand même Internet, mais par le satellite : ça marche bien mais ça coute relativement cher ... Donc je tape cette note de Rio.

(1) Ventilateur de plafond, largement suffisant à mon gout et plus sain que la clim.

16/05/2005

Paraty

Je suis depuis 3 jours à Paraty et je suis très occupé, ce qui explique que je n'ai pas encore mis à jour le blog. J'ai également eu de la peine à trouver un cybercafé sympa avec des ordinateurs qui marche correctement. J'ai même eu une coupure de courant l'autre jour, car le réseau éléctrique n'est pas très stable. J'ai vu qu'il est question d'ouvrir une 3ème tranche à la centrale nucléaire d'Angra dos Reis, pas loin d'ici.

Mais retournons au XVIIème siècle pour parler de Paraty qui est un pur enchantement. En plus je suis hors de la saison touristique et j'ai eu la chance de tomber en plein pendant la fete du Divino Espirito Santo, ce qui génère une animation bon enfant, avec la fanfare, les barraques de comidas, les bonimenteurs de bingo et même le show de MPB tous les soirs à 23h (1).

Rien n'a bougé ici depuis l'époque coloniale, mis à part quelques poteaux éléctriques disgracieux qui seront peut être enterrés quand il y aura des sous pour le faire. Pour arpenter les rues, il faut prendre son temps car sinon on risque de se tordre une cheville sur les gros pavés totalement irréguliers appelés ici "Pés-de-moleque" (2).

Hier samedi j'ai fait une promenade en bateau dans la baie sur un vieux rafiot bourré de brésiliens et de brésiliennes. J'étais le seul touriste étranger, même si on en aperçoit quelques uns ici. La baie regorge de petites iles bordées de plages ou de rochers, recouvertes de végétation, avec des barraques parfois fort sympatiques. On peut piquer une tête depuis le bateau et mater les poiscailles qui rappliquent en rang serrés dès qu'on jette un morceau de truc comestible. J'ai même vu des petits singes rigolos, les "mico leão de ouro" (un carambar pour celui qui connait le nom français).

Aujourd'hui dimanche j'ai fait 10km à pied pour aller jusqu'à la Fazenda Murycana, une magnifique ferme du XVIIème siècle où on produit une excellente cachaça. Je n'ai pas gouté, car j'avais encore abusé la veille et il fait quand même plus de 30 degrés, faut pas pousser. J'ai gouté la spécialité maison, le leitão (cochon de lait) : bon mais bourratif. Pour digérer, petite randonnée par une piste en sous-bois qui mène à la rivière.

Je crois que j'ai grossi, je cale un peu question nourriture, surtout que même quand on commande prudemment une demi-portion, c'est encore trop. C'est trop dur, tout ça. Je ne sais pas si je vais tenir. A la réflexion : je crois que si.

Mauvaise nouvelle : le real a augmenté, il faut maintenant convertir 1 euro = 3 reais.

(1) Comida = nourriture. MPB = Musica Popular Brasileira
(2) Moleque = gamin des rues

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