21/04/2005
Exposition "Brésil Indien"
C’était une visite indispensable pour parfaire ma connaissance du Brésil avant de partir. Je n’ai pas été déçu, même si j’aurais aimé voir les fameuses têtes réduites des féroces Jivaros, comme dans Tintin et l’Oreille cassée. C’est juste un bête problème de géographie : les Jivaros habitent en Equateur, un pays qui n’a même pas de frontière commune avec le Brésil (c’est le seul pays en Amérique du Sud avec le Chili). On peut toutefois voire dans l’exposition quelques têtes momifiées Munduruku, qui ne sont pas réduites mais tout aussi impressionnantes.
Un chef indien, dans toute l’Amérique précolombienne des Antilles au bassin amazonien, s’appelle un cacique, tout le monde sait cela puisque le mot est passé dans le langage courant. Là où ça se complique, c’est qu’il existe un oiseau qui s’appelle le cassique (en portugais : japu). Et on peut voire à l’exposition un couvre-chef de cacique en plumes de cassique. Une phrase qui ne manquera pas de figurer en bonne place dans la prochaine dictée de Pivot. Donc ne confondez pas ! Quand on dit : « Serge Dassault est un des caciques de l’UMP », ça veut dire : un apparatchik, un indéboulonnable, une huile, une grosse légume, etc. Quand on dit : « Jean-Louis Debré est un des cassiques de l’UMP », ça veut juste dire qu’il a une tête d’emplumé. On s’en doutait un peu.
Toujours dans la catégorie « noms d’oiseaux », j’en ai appris un gratiné. Tout le monde connaît le toucan, l’ara (qui rit, bien entendu, ah ah), mais connaissiez vous le hocco ? Le hocco est un oiseau au cou assez long, de la famille des cracidés (authentique). Et bien dans l’exposition, on peut voir de très belles coiffes en plumes de hocco.
Encore plus fort, il faut savoir distinguer entre les différentes sortes de palmiers : pour moi, le palmier était juste une sorte d’arbre tropical dont la seule utilité pour les indigènes était l’ombre pour faire la sieste, sauf en période de chute des noix de coco. Inculture crasse que je m’empresse de corriger : non seulement le palmier est très utile par son bois, mais il y a de nombreuses variétés pour des usages différents : le palmier babaçu, le palmier buriti, le palmier arumã, etc.
Mon attention a également été attirée par le tipiti, sorte de panier destiné à collecter le manioc. Quelle idée d’avoir réalisé un panier de cette forme ? Il faudra que je m’en achète un comme ça, j’aurai un succès fou quand j’irai acheter des pommes de terre le samedi matin sur le cours de Vincennes.
Enfin, mon sang n’a fait qu’un tour en découvrant les tangas en terre cuite des tribus du Marajo, remontant au 15ème siècle. Il y a plus de cinq siècles, les ancêtres indiennes des brésiliennes d’aujourd’hui avaient déjà inventé le string style « fio dental » (1). Toutefois, le nylon n’existant pas à l’époque, les caches sexe étaient réalisés en terre cuite décorée, le tout retenu par une cordelette en raphia. Cela m’a immédiatement donné l’idée de créer une nouvelle marque de tanga 100 % écologique qui devrait faire un malheur sur les plages de Copacabana et d’Ipanema. Je compte bien en tout cas me livrer à une étude de marché détaillée en me rendant sur place pour sonder les utilisatrices.
Chico Bob.
(1) « fil dentaire » : sans commentaire.
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